Pour le président de l'AFO, Carol Jolin, la question n'est pas de savoir si, mais plutôt quand l'université franco-ontarienne verra le jour.

Université franco-ontarienne: Déjà deux ans

Il y a deux ans, la communauté franco-ontarienne réclamait à la province la création d'une première université de langue française en Ontario.
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) ont souligné cet anniversaire lors d'une conférence de presse, mercredi. « On est partis de très loin et beaucoup de chemin a été fait depuis deux ans, a affirmé Carol Jolin, président de l'AFO. Nous sommes maintenant impatients de voir le rapport de Dyane Adam pour passer de la parole aux actes pour qu'on arrive avec une université franco-ontarienne ».
Actuellement, un conseil de planification dirigé par l'ex-commissaire aux langues officielles du Canada, Dyane Adam, se penche sur les options à envisager en vue de développer un nouvel espace postsecondaire en français dans le centre-sud-ouest de l'Ontario. Le comité doit déposer un rapport au gouvernement vers la fin du printemps 2017.  
« Nous sommes convaincus que le projet d'une université de langue française fera progresser la communauté franco-ontarienne pour la prochaine génération. En créant un nouvel établissement, nous avons la rare occasion d'imaginer notre système universitaire de l'avenir », estime Geneviève Borris, coprésidente du REFO. 
Une gouvernance par et pour les francophones 
Les trois organismes franco-ontariens ont profité du deuxième anniversaire du projet pour réitérer l'importance d'une gouvernance universitaire par et pour les francophones dans l'ensemble de la province. Le trois partenaires ont d'ailleurs reçu l'appui des associations scolaires francophones publiques et catholiques de même que l'appui de Diane Dubois, ancienne vice-présidente du Collège Boréal et auteure du rapport Le temps d'agir ! portant sur l'éducation postsecondaire de langue française dans la région du centre-sud-ouest de l'Ontario.
« La gouvernance par et pour les francophones a été tellement positive pour les collèges francophones en Ontario (La Cité et Boréal). Le système collégial francophone avec sa propre gouvernance a pu ajouter plusieurs programmes qui répondent directement aux besoins des francophones. Un système universitaire francophone à besoin d'une même gouvernance », a affirmé Mme Dubois. 
Le président de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques de l'Ontario, Jean Lemay, a rappelé tout le chemin parcouru par l'éducation en langue française en Ontario. Il ajoute qu'aujourd'hui, la suite logique est en effet une université franco-ontarienne. 
« À Sudbury et à Ottawa, nous avons deux institutions qui voient aux études collégiales. Afin de compléter ce continuum, il nous faut maintenant une université franco-ontarienne dont la gouvernance et la gestion soient assurées par la communauté franco-ontarienne », a affirmé Jean Lemay. 
Quant au président de l'Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario, Denis Dubois, il a tiré la sonnette d'alarme en évoquant le phénomène de l'assimilation. 
« Nous estimons que le réseau francophone perd environ 7 000 étudiants par année vers les conseils scolaires anglophones. En prenant en considération ce fait ainsi que les changements démographiques dans la province, la création d'une université de langue française est nécessaire pour contrer l'assimilation », a indiqué M. Chartrand.