Jean-Paul St. Pierre

Une police de l'Est ontarien dans les plans

Les frais liés aux services policiers en Ontario continuent d'être un gros caillou dans les souliers des municipalités de l'Est de la province. Si bien que les régions qui forment l'ensemble de l'Est ontarien songent à s'unir pour former leur propre corps de police, a appris LeDroit.
« La formation d'un service policier pour l'ensemble de l'Est ontarien est une option que nous voulons étudier. Toutes les options qui réduiraient les coûts des services policiers sont à l'étude », a déclaré le maire de Russell et président du caucus des préfets de l'Est ontarien, Jean-Paul St. Pierre.
L'idée de former un service policier régional avait été lancée à plus petite échelle au sein des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), mais une étude de coûts a récemment révélé que l'initiative ne serait pas rentable.
Les représentants des 13 régions et entités membres du caucus des préfets de l'Est ontarien veulent maintenant savoir si pour l'ensemble de l'Est de la province, une « fusion » serait profitable pour les municipalités.
Une réforme qui divise
Plusieurs municipalités de la province de l'Ontario croulent sous le poids des frais imposés par la Police provinciale de l'Ontario (PPO) pour assurer la sécurité civile. C'est notamment le cas de la municipalité de Hawkesbury qui doit consacrer près de la moitié de son budget d'opération annuel à la PPO.
La province vient d'annoncer une refonte du modèle de tarification de ses services policiers qui doit entrer en vigueur en 2015.
La Ville de Hawkesbury, avec cette nouvelle grille tarifaire, pourrait engranger des économies de plus d'un million $ annuellement.
« Les frais policiers imposés aux municipalités sont trop élevés. Ça fait depuis que je suis maire que je demande un allégement des tarifs. C'est une situation très difficile. Cette nouvelle tarification répartit les frais de la Police provinciale de l'Ontario entre les municipalités. Par exemple, les coûts policiers sont de 750 $ par maison à Hawkesbury, alors qu'ils se chiffrent à 90 $ par foyer dans la municipalité voisine de Champlain », note le maire de Hawkesbury, René Berthiaume.
Mais cette réforme ne fait pas que des heureux dans l'Est ontarien. Le Canton de Champlain verrait sa note pour la PPO exploser.
« J'ai fait le calcule rapide et avec la nouvelle grille de tarification, ça pourrait nous coûter de 300 000 $ à 400 000 $ de plus par année pour les services de la PPO. Pour Champlain, ça représente une hausse de taxe de 10 %. Les plus petites municipalités s'opposent à cette réforme, car ce sont elles qui vont en souffrir le plus », a déclaré le directeur général du Canton de Champlain, Jean Thériault.
Le gouvernement des Comtés unis de Prescott et Russell s'est positionné contre cette réforme de la tarification des coûts de la PPO cette semaine. Selon le président du caucus des préfets de l'Est ontarien, ces modifications équivalent à prendre de l'argent de la poche de droite, pour la mettre dans celle de gauche.
Au moment d'aller sous presse, Madeleine Meilleur, la ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, n'était pas disponible pour commenter.