Entourés d’autant de Franco-Ontariens que de Québécois, les membres de la famille de M. Saint-Denis ont livré de touchants témoignages à l’endroit de l’un des pionniers de la francophonie ontarienne et fondateur de l’ACFO de Prescott-Russell.

Un dernier adieu à Yves Saint-Denis

L’église Saint-Joachim de Chute-à-Blondeau, dans l’Est ontarien, était pleine à craquer, jeudi, alors que plus de 350 personnes se sont déplacées pour les funérailles du militant franco-ontarien, Yves Saint-Denis.

Après avoir dévoué toute sa vie à défendre la francophonie canadienne, Yves Saint-Denis a rendu l’âme à l’âge de 78 ans, le 9 septembre, aux suites d’un long combat contre le cancer.

C’est au son d’une chanson composée par l’un des membres du spectacle de L’écho d’un peuple, Brian Saint-Pierre, qu’a été tenue la cérémonie en l’honneur de la vie de ce monument franco-ontarien qu’est M. Saint-Denis.

Entourés d’autant de Franco-Ontariens que de Québécois, les membres de la famille de M. Saint-Denis ont livré de touchants témoignages à l’endroit de l’un des pionniers de la francophonie ontarienne et fondateur de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Prescott-Russell.

Après avoir dévoué toute sa vie à défendre la francophonie canadienne, Yves Saint-Denis a rendu l’âme à l’âge de 78 ans, le 9 septembre, aux suites d’un long combat contre le cancer.

« Aux petites heures du matin du 9 septembre, mon père, tout doucement, avait demandé à ma mère d’aller lui cueillir une fleur dans son jardin. De retour avec la fleur, ma mère le lui remet, intriguée. C’est alors que son amoureux, en guise d’adieux, lui a offert la fleur, comme au premier jour de leur fréquentation », s’est rappelée la fille de M. Saint-Denis, Sylvie.

Cette dernière a prêté sa voix à sa mère Hélène, en lisant une lettre qu’elle a écrite pour son époux. « Yves, mon amour, à travers les souffrances, les atroces souffrances échelonnées sur beaucoup trop d’années, tu m’as transmis ton courage, ta ténacité, ta force morale et physique, et ton éternelle joie de vivre. C’est le plus bel héritage que tu me laisses pour continuer jusqu’au bout de ma route avec nos enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits-enfants et tous ceux qui t’aiment. (...) »

Son fils Félix, avec qui il a créé le spectacle L’Écho d’un peuple, a rappelé la passion pour la culture et l’histoire d’Yves Saint-Denis, qu’il a transmise à toutes les générations de sa famille. « Mon père s’est accroché au plus grand rêve de Champlain, celui d’un pays français en Amérique. L’esprit de cette Nouvelle-France, toute la famille, on le porte en nous, peu importe où l’on soit.

Papa, tu vas vivre en nous, en nos enfants et en nos petits-enfants pour toujours. On t’aime. »

Cette passion a d’ailleurs été rappelée tout au long de la cérémonie, de même que sa fervente défense de la francophonie canadienne et de ses convictions envers la souveraineté québécoise. « Je me souviens d’un homme fier et passionné (...), a déclaré le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte. Oui, mon ami Yves, notre état français, nous l’aurons, et au jour de l’indépendance, nous dirons encore ‘Je me souviens d’Yves Saint-Denis’. »

Rappelons que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal lui a offert, au printemps dernier, la médaille d’argent « Bene Merenti de Patria », afin de souligner la contribution admirable de M. Saint-Denis à la francophonie.

Tout au long de la cérémonie, les témoignages se sont succédé, et tous faisaient mention de l’amour que M. Saint-Denis portait envers son « Ontarie », comme il surnommait avec affection la province pour sa consonance française.

Plusieurs amis et militants francophones tels que Jean Poirier et Carol Jolin étaient aussi présents pour dire adieu à M. Saint-Denis.

M. Saint-Denis repose dorénavant au cimetière du village. Sur sa pierre tombale y sont gravés la fleur de lys, le trille et plusieurs devises, dont l’une de celles qui ont résonné souvent au cours de la dernière année en Ontario : « Nous sommes, nous serons ».