Alicia Canning et son chien Taz.

Un chien de service n’est pas le bienvenu dans les ambulances de Prescott-Russell

Aux prises avec de nombreux troubles de santé, une résidente d’Alfred-Plantagenet dénonce que les Services d’urgence de Prescott-Russell aient refusé de laisser son chien de service monter à bord de l’ambulance avec elle.

Au cours de la dernière année, Alicia Canning affirme avoir eu recours aux services ambulanciers de Prescott-Russell d’une à deux fois par mois. Aujourd’hui, la jeune femme avoue avoir peur d’appeler le 9-1-1 lorsqu’elle en a besoin, depuis que certains ambulanciers paramédicaux lui ont interdit d’avoir son chien avec elle dans le véhicule d’urgence.

« Les appeler me rend extrêmement anxieuse », témoigne-t-elle.

Âgée de 24 ans, Alicia est atteinte d’épilepsie, d’un syndrome cyclique de vomissement et de plusieurs autres conditions physiques nécessitant régulièrement des soins médicaux, en plus de souffrir de troubles anxieux. Son chien Taz, de race mixte bouledogue français et Boston terrier, l’accompagne partout où elle va.

Quand elle fait une crise d’épilepsie, Taz la tourne sur le côté afin qu’elle ne s’étouffe pas avec l’accumulation de fluides dans sa bouche. Si Alicia fait une réaction allergique, Taz sait où aller chercher l’auto-injecteur EpiPen. Il sait aussi quoi faire si sa maîtresse est victime d’une crise d’anxiété, et il peut aussi les prévenir.

« C’est mon ambulance, c’est moi qui décide »

La jeune femme affirme avoir entendu plusieurs raisons de la part des ambulanciers paramédicaux pour ne pas laisser son chien l’accompagner dans le véhicule d’urgence. « Quand ils m’ont dit qu’il devait être attaché, je leur ai montré le harnais de sécurité. Ils m’ont ensuite dit qu’il devait être dans une cage. Une fois, un m’a dit ‘C’est mon ambulance, c’est moi qui décide’. C’est une raison différente à chaque fois. »

Le chef adjoint administratif des Services d’urgence de Prescott et Russell, Marc-André Périard, n’a pas souhaité se prononcer sur les altercations entre les ambulanciers paramédicaux et leurs patients.

Celui-ci affirme toutefois que le 21 janvier 2019, les ambulanciers paramédicaux ont reçu l’instruction de ne pas accueillir les animaux d’assistance dans les véhicules de Prescott-Russell. « La politique de l’équipe de gestion pour les animaux de service, c’est qu’on ne peut pas assurer la sécurité de l’animal. Dans des situations d’urgence, on utilise des seringues, des aiguilles, et on travaille dans un endroit restreint. L’autre raison, c’est la salubrité. C’est certain qu’on nettoie les ambulances après chaque appel, mais on veut s’assurer que le prochain patient n’ait pas de réaction allergique à l’animal qui était là. On a aussi des paramédics qui sont allergiques. »

Alicia souligne que son chien lui est essentiel.

Loi provinciale

La Loi de 2005 sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario entend qu’un animal est considéré comme un animal d’assistance si « la personne utilise l’animal de toute évidence pour des raisons liées à son handicap », ou si « la personne fournit une lettre d’un médecin ou d’une infirmière confirmant qu’elle a besoin de l’animal pour des raisons liées à son handicap ».

Selon cette même Loi, « si une personne handicapée est accompagnée d’un chien-guide ou d’un autre animal d’assistance, le fournisseur de biens ou de services veille à ce qu’il lui soit permis d’entrer dans les lieux avec l’animal et de le garder avec elle, à moins que la loi exclue par ailleurs l’animal des lieux ».