L'avocat Stéphane Langlois fait l’objet d’une enquête pour avoir présumément volé entre 3,5 et 4 millions $ en fiducie à ses clients.

Un avocat de Rockland suspecté de fraude

Des images sur les réseaux sociaux montrant Stéphane Langlois sous le soleil de la République dominicaine font vivement réagir. L’avocat de Rockland, dont le permis a été suspendu il y a plus de deux ans, fait l’objet d’une enquête pour avoir présumément volé entre 3,5 et 4 millions $ en fiducie à ses clients.

En août 2016, des employés du cabinet de Me Langlois ont contacté le Barreau de l’Ontario afin qu’ils fassent enquête sur l’état des comptes en fidéicommis du cabinet.

Lors de l’audience du Barreau, un enquêteur a présenté des preuves qui démontreraient que des comptes qui auraient dû détenir près de 4 millions de $ en fiducie de plus d’une vingtaine de clients affichaient plutôt 220 000 $. Le Barreau de l’Ontario a alors immédiatement suspendu la licence de M. Langlois.

Dans la requête déposée par le Barreau à l’époque, on apprenait que Stéphane Langlois aurait avoué à l’enquêteur du Barreau qu’il avait dépensé environ un million de dollars des fonds en fidéicommis « pour son usage personnel et pour les frais généraux de son cabinet juridique ».

Les associés du cabinet d’avocats Charron et Langlois avaient donc pris la décision de dissoudre ce nom et de se former une nouvelle entité : le cabinet Charron, Pilon et Sauvé.

Deux ans plus tard, l’enquête de la police provinciale de l’Ontario (PPO) est toujours en cours, et M. Langlois opère un restaurant à Punta Cana.

L’enquêteur de l’unité antifraude de la PPO, André Duval, fait savoir que ce type d’enquête est compliqué. « C’est plus complexe parce qu’il faut rejoindre toutes les victimes. Tous les fonds que les clients ont amenés sont dans un seul compte de banque, donc l’argent de tout le monde est mélangé. Il faut déterminer quel argent est à qui. »

Le Canada et la République dominicaine n’ont pas d’entendre bilatérale d’extradition. Or, malgré la frustration des présumées victimes, M. Duval affirme que le principal intéressé agit selon ses droits en quittant le pays. « Si on émet un mandat d’arrestation à travers le Canada, c’est sûr que ça complique les choses quand la personne est hors du pays. Il y a eu des cas dans le passé et je peux vous assurer que les corps policiers vont coopérer, même s’il n’y a pas d’entente. »

En attendant, M. Langlois vit à l’étranger avec sa nouvelle femme.

Celle-ci a fait d’ailleurs l’objet d’un article publicitaire dans la publication Best of Punta Cana, qui fait éloge de son mode de vie de mère et de propriétaire du nouveau restaurant, The Loft.

« Nous voulions créer un endroit avec une belle ambiance. Un endroit non seulement pour les touristes, mais aussi pour les résidents locaux », raconte-t-elle dans l’article.

En plus de ce nouveau restaurant, on apprend aussi dans le texte que la femme de M. Langlois gère aussi une agence de voyages.

Stéphane Langlois n’avait pas retourné les demandes d’entrevue du Droit au moment de mettre sous presse.