Abandonner une cabane de pêche sur un lac durant la fonte des neiges est une infraction à la Loi ontarienne sur les terres publiques.

Trop de cabanes de pêche abandonnées dans l'Est ontarien

En colère, le maire de Casselman Daniel Lafleur implore le gouvernement ontarien d’intervenir auprès des pêcheurs sur glace qui abandonnent leurs cabanes de pêche sur la rivière Nation à la fin de la saison.

« De l’ignorance totale », c’est ainsi que le maire Lafleur décrit le comportement de ces pêcheurs qui contribuent à la pollution du cours d’eau en y abandonnant leurs huttes.

La rivière Nation est la principale source en eau potable de la municipalité.

À la mi-janvier, le maire Lafleur a envoyé une lettre au ministère des Ressources naturelles et des Forêts de l’Ontario lui demandant d’établir un plan d’action « pour contrer la pollution de la rivière Nation » causée par ces pêcheurs.

M. Lafleur est particulièrement frustré de la situation. Il affirme qu’il s’agit d’une activité familiale, qui devrait rester une expérience de plaisir positive. Adjacente à la rivière Castor, la rivière Nation est populaire auprès des adeptes de ce sport hivernal.

« Ce qui est de valeur dans tout ça, c’est qu’à cause de deux, trois personnes qui ne prennent pas soin de notre rivière, ils vont pénaliser d’autres personnes. Je trouve que ça n’a pas de bon sens. »

En 2018, des pêcheurs avaient été surpris en train de faire brûler leur hutte directement sur la glace, avant d’y abandonner les débris. Une année plus tôt, une cabane avait aussi été délaissée pour ensuite s’échouer sur une île à proximité.

Le fait de laisser une cabane de pêche sur le lac durant la fonte des neiges est une infraction à la Loi ontarienne sur les terres publiques, même si la date officielle de retrait de ces installations n’est pas dépassée.

Le fait d’abandonner ou de brûler une hutte de pêche ou des déchets peut affecter négativement la qualité de l’eau, l’habitat de la faune aquatique et peut causer un danger pour les bateaux.

Bien que le ministère n’ait pas encore répondu à la lettre de M. Lafleur, des employés ont fait parvenir quelques explications au Droit. « Le ministère est au courant de ce problème et a concentré ses efforts d’application de la loi au cours des dernières années pour aider les propriétaires de cabanes à glace à nettoyer [leurs installations] dans les délais prescrits par la loi. »

Le ministère explique qu’un plan d’action prévoyant une augmentation des patrouilles et des contacts avec les propriétaires de cabanes de pêche existe déjà. « L’hiver dernier, le personnel chargé de l’application des lois du ministère des Richesses naturelles et des Forêts a distribué de façon proactive des communiqués de presse et des publications sur les réseaux sociaux concernant le nettoyage et l’enlèvement des huttes de glace avant la fonte des glaces. »

« Ce n’est pas vrai », rétorque du tac au tac le maire Lafleur.

« Je parle régulièrement avec des gens qui ont des cabanes sur la glace, et personne ne les a vus. S’ils sont là, ils n’ont qu’à s’identifier, et ne pas se promener sur la glace sans dire un mot. Montrez une carte, une identification, quoi que ce soit. »

Le maire de la municipalité de Casselman affirme qu’il en tient au ministère de remettre des contraventions aux contrevenants à la loi. « La rivière ne nous appartient pas. Qu’ils prennent leur responsabilité, et nous, on va prendre les nôtres. L’été passé, on a dû sortir une petite maison de pêche, et ce sont nos employés qui ont été mis en danger. »

Selon les règlements de la pêche en Ontario, un propriétaire de hutte de pêche de l’Est ontarien doit être enregistré si son installation n’est pas composée en tissu et mesure plus de sept mètres cubes.

Le maire Lafleur espère recevoir une réponse à sa lettre au ministère des Ressources naturelles et des Forêts dans les plus brefs délais.