Le congédiement de trois employés municipaux de la ville de Hawkesbury sème la grogne auprès de plusieurs collègues et citoyens.
Le congédiement de trois employés municipaux de la ville de Hawkesbury sème la grogne auprès de plusieurs collègues et citoyens.

Trois employés municipaux mis à pieds en public à Hawkesbury

Le congédiement de trois employés municipaux de la ville de Hawkesbury sème la grogne auprès de plusieurs collègues et citoyens. La décision été rendue publique lors d’une réunion virtuelle du comité plénier le 16 juin dernier, avant même que ces employés ne soient directement contactés par la municipalité.

Dans la vidéo de la séance diffusée sur YouTube, le directeur général de Hawkesbury, Daniel Gatien, se montre clairement en défaveur de la directive émise lors de la session à huis clos. «L’information que vous venez de dévoiler est publique. Ça veut dire que ces trois employés-là vont savoir qu’ils sont congédiés sans même avoir reçu une lettre de la part de la municipalité. Je vous avais dit de faire attention, je l’ai dit, je vous ai recommandé fortement d’attendre, mais vous avez avancé trop vite selon moi, mais c’est maintenant public. Les directives que vous avez données c’est de congédier les trois personnes», s’était exclamé M. Gatien à la mairesse Paula Assaly.

Avant de mettre un terme à la séance, Mme Assaly a indiqué au DG qu’ils discuteraient de la situation ultérieurement. «Monsieur Gatien, vous avez eu des directives à huis clos, alors ça reste à huis clos. [...] J’aurai l’occasion de vous parler».

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe au sein des employés municipaux, alors que les noms des trois employés qui seraient remerciés n’avaient pas encore été dévoilés. «Kim était chez moi lorsqu’elle a reçu l’appel [du département des ressources humaines] disant qu’elle était congédiée. Avant de recevoir cet appel, on parlait de ce qui se passait. On était au courant qu’il y avait trois têtes qui devaient tomber», explique Sandy Vachon, sauveteuse et monitrice aquatique à la ville de Hawkesbury. Sa collègue et superviseure aquatique au complexe sportif Robert Hartley, Kim Maurice, a été mise à pied trois jours après la diffusion virtuelle du comité, soit le 19 juin. «[Kim] n’a toujours pas reçu sa lettre officielle, donc elle ne peut pas dire quoi que ce soit présentement», indique Mme Vachon, qui a parlé au Droit au nom de Mme Maurice.

En date de lundi, elle attend toujours sa lettre.

Pas de raison apparente

Mme Maurice n’aurait d’ailleurs reçu aucun indice laissant présager son licenciement imminent et les raisons demeurent vagues. «Ils ont dit qu’elle avait fait une belle job, qu’ils n’avaient rien contre elle, que le conseil avait décidé de la congédier, faire du changement».

Une des raisons qui pourrait cependant être invoquée, toujours selon Mme Vachon, est la fermeture éventuelle de la piscine du complexe sportif, qui serait déjà dans les plans depuis quelques années. «La piscine coûte 190$ de l’heure à faire rouler, donc on fait un trou. Ça coûte plus cher que ça rapporte», souligne-t-elle. Mais elle reste d’avis que peu importe la raison, la façon de faire présentait d’importantes lacunes. «Ça n’aurait jamais dû être fait par téléphone. Ça n’aurait jamais dû être fait par n’importe qui. Les personnes auraient dû être avisées la journée même, et non pas parce que des gens se sont dit ‘’il y a des choses qui sont sorties [au conseil] et on voulait que tu l’entendes de nous avant’’».

Une pétition a d’ailleurs été lancée dimanche par Mme Vachon, invitant le conseil municipal à revenir sur sa décision de licencier Kim Maurice. Elle espère ainsi se faire entendre, alors que les employés municipaux ne savent présentement plus sur quel pied danser. «[L’ambiance au sein de la ville] c’est pourri. On ne sait plus où aller, on ne sait plus quoi faire, on en sait plus à qui parler. On ne sait plus rien», note-t-elle. Le premier objectif de la pétition de 100 signataires a rapidement été surpassé et le nombre continue de grimper.

La Ville de Hawkesbury, pour sa part, doit réagir à la situation d’ici la fin de la semaine, après avoir rencontré ses avocats.