L’entente entre OC Transpo et CR Transpo prend fin le 1er avril.

Transport en commun à Clarence-Rockland: de moins en moins d’utilisateurs

La diminution du nombre d’utilisateurs des services de transport en commun à Clarence-Rockland, causée par des augmentations constantes des tarifs d’abonnement, inquiète les environnementalistes.

Au cours des huit dernières années, le nombre d’abonnements au service de CR Transpo est passé de 600 à 350 usagers. Le coût pour un laissez-passer mensuel est passé de 175 $ à 243 $. En février, le conseil municipal de la Cité de Clarence-Rockland a décidé de privatiser ce service de transport en commun, engendrant une économie de 440 000 $.

Par ailleurs, la Ville d’Ottawa mettra fin dès le 1er avril à l’entente entre les deux municipalités qui permettait aux usagers de CR Transpo d’utiliser aussi OC Transpo, sans frais. Cette fin de l’entente, qui existait aussi dans huit autres régions rurales autour de la capitale fédérale, sert à assumer une partie des coûts reliés au train léger sur rails (TLR), à Ottawa.

Les résidents de Clarence-Rockland qui travaillent à Ottawa et qui ont besoin des services de CR Transpo et d’OC Transpo devront dorénavant payer deux abonnements plutôt qu’un seul. Un abonnement de CR Transpo coûte 243 $, alors qu’un abonnement d’OC Transpo coûte 116 $.

« C’est évidemment très ironique », s’indigne le directeur général d’Écologie Ottawa, Robb Barnes. À son avis, l’objectif du TLR et des transports en commun est de rendre les municipalités plus vertes, mais si les tarifs augmentent constamment et que les citoyens ne sont pas encouragés à les utiliser, « on va dans la mauvaise direction ».

« La décision d’OC Transpo d’annuler des accords régionaux, ce n’est pas une décision très sage, et ça va résulter avec plus de voitures vers Ottawa », déplore-t-il.

Un sentiment de déception qui est partagé par le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins. « Pourquoi vous pensez qu’on est passé de 600 à 350 usagers ? Les gens prennent leur voiture, la stationnent et prennent l’autobus. Il y a aussi le fait que chaque fois que le prix de l’essence diminue, les gens prennent leur voiture. Je suis certain que même si on gardait l’administration de CR Transpo, certains l’auraient quand même lâché, parce qu’on n’a plus la part d’OC Transpo. »

Dès le 1er septembre, la compagnie Leduc Bus Lines sera responsable de l’administration du transport en commun. Il s’agit de la même entreprise qui était déjà responsable du transport des usagers de CR Transpo. « M. Leduc va continuer le système. Il y a certaines routes où il va pouvoir se rendre jusqu’en ville, mais l’autobus va devoir passer dans le trafic (plutôt que dans les corridors réservés). »

La municipalité a également offert d’assurer l’entretien de certaines installations, telles que les abribus et les stationnements incitatifs.

M. Desjardins aimerait rendre visite à son homologue Jim Watson, mais étant donné les ratés du TLR, il doute qu’on lui accorde quoi que ce soit. « On voudrait aller le voir pour regarder si on peut refaire une entente avec eux, mais comme c’est là, avec le TLR, qui a été repoussé trois fois, ce n’est pas le temps d’aller voir M. Watson. »

Selon M. Barnes, un changement radical doit être fait dans la façon de penser le système. « Ça m’inquiète, c’est un réel problème. (...) Quand on pense au transport public, il faut regarder la planification urbaine, et aussi les dépenses sur les rues et les voitures. (...) Ce n’est pas nécessaire de dépenser plus d’argent, mais si on était plus vigoureux avec nos budgets, on pourrait trouver de l’argent qui pour l’instant est dépensé sur les rues. C’est l’un des problèmes qui est aux racines de cette discussion-là. »