Le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) a enregistré une augmentation de 30% de signalements urgents liés aux surdoses de la mi-mars à la fin du mois de juin 2020, comparativement aux mêmes dates l’année précédente.
Le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) a enregistré une augmentation de 30% de signalements urgents liés aux surdoses de la mi-mars à la fin du mois de juin 2020, comparativement aux mêmes dates l’année précédente.

Surdoses: les signalements urgents ont augmenté de 30% depuis l'année dernière

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Le Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO) a enregistré une augmentation de 30% de signalements urgents liés aux surdoses de la mi-mars à la fin du mois de juin 2020, comparativement aux mêmes dates l’année précédente.

Le gestionnaire de programmes de tabagisme et prévention des maladies chroniques au BSEO, Nikolas Hotte, refuse néanmoins de s’alarmer. «En général, on n’a pas beaucoup de surdoses dans notre région, comparativement à des plus grands marchés comme Ottawa ou Toronto», précise-t-il. «On savait qu’on avait eu une augmentation, surtout au mois de mai, dans la région de Cornwall. Mais nos chiffres sont toujours quand même assez bas.»

À titre d’exemple, M. Hotte précise que moins de quatre surdoses par mois ont été signalées de mars à juin cette année, sauf en mai, où cinq surdoses ont été répertoriées. Par souci de confidentialité, le BSEO ne divulgue pas le nombre précis de cas lorsqu’il y a moins de quatre surdoses. Par contre, en 2019, M. Hotte affirme les statistiques étaient encore moindres.

Bien évidemment, le gestionnaire met en cause la COVID-19 comme une des raisons expliquant cette augmentation. Cependant, il mentionne également que la composition et les mélanges de drogues pourraient être aussi responsables en bonne partie. «Ça peut devenir problématique. Les gens ne savent pas ce qu’ils prennent.»

Le cas de l’héroïne mauve, un opioïde dangereux mélangé à du fentanyl ou à du carfentanil, est un exemple concret de ces combinaisons fatales. Le fentanyl est de 50 à 100 fois plus toxique que la morphine, alors que la carfentanil, un analgésique administré aux gros animaux, est 10 000 fois plus toxique que la morphine. M. Hotte affirme qu’il est toujours possible de se procurer de l’héroïne mauve dans l’Est ontarien. «Il n’y a aucun doute. On nous la signale. C’est encore disponible», ajoute-t-il. Le BSEO rapportait déjà au début du mois de juin un nombre accru de surdoses liées à cette drogue dans la région de Cornwall.

M. Hotte rappelle que si quelqu’un est témoin d’une surdose, la première chose à faire est de téléphoner au 911. «C’est le plus important. Même si vous avez des drogues sur vous.» Il mentionne aussi de s’assurer que la personne est en sécurité, puis d’administrer de la naloxone si elle est disponible à proximité. «Mais ne comptez pas seulement sur [la naloxone]. Appelez le 911!»