Joanne Sirois, élue au conseil municipal de Casselman, devra renoncer à son poste de conseillère à cause d’un possible conflit d’intérêts avec son emploi dans une compagnie d’assurances.

Sirois ne pourra pas être conseillère de Casselman

La conseillère municipale récemment élue de Casselman, Joanne Sirois, doit refuser son nouveau rôle, pour des raisons légales.

Après avoir célébré son élection à titre de conseillère municipale du village de Casselman, Mme Sirois a appris de l’organisation pour laquelle elle travaille, Co-operators Assurance, qu’une récente politique l’empêche d’exercer un rôle pour lequel elle est élue. Cette politique stipule qu’un poste obtenu par élection pourrait constituer un conflit d’intérêts.

Celle-ci explique que lors du décès du conseiller municipal Denis Renaud, il y a un peu plus de deux ans, elle avait songé à lui succéder.

À ce moment, Mme Sirois avait contacté son employeur pour s’assurer qu’elle en avait le droit, et on lui avait alors confirmé qu’elle pouvait se présenter à ce poste sans problème. C’est finalement Daniel Lafleur qui avait obtenu le titre de conseiller.

Deux ans et demi plus tard, Mme Sirois décide une fois de plus de se présenter. Mais cette fois-ci, elle remporte les élections. Moins d’une semaine plus tard, elle apprend qu’une nouvelle clause a été ajoutée et que son entreprise ne permet plus à ses employés d’être des élus. Or, elle ne reproche rien à son employeur.

« C’est ma faute, j’aurais dû vérifier quand même. Ils ne peuvent pas faire d’exception, et j’en assume l’entière responsabilité. »

Mme Sirois affirme ne pas avoir eu le choix d’abandonner son poste de conseillère.

Malgré la tristesse qu’elle ressent de ne pas pouvoir assumer son mandat, elle souligne son ultime responsabilité envers les personnes qui travaillent à ses côtés.

« J’ai de jeunes mamans qui travaillent pour moi, à forfait. Elles travaillent le soir, les fins de semaine ou quand leur bébé dort. Si je perds mes contrats, elles les perdent aussi. »

Une campagne et des élections en vain ?

Joanne Sirois est convaincue qu’elle n’a pas mené cette campagne électorale pour rien.

« Ces élections m’ont permis de rencontrer beaucoup de nouvelles personnes. Ça m’a permis de vivre des expériences que je n’aurais pas vécues autrement. Mon travail quotidien ne m’amène pas à rencontrer ces belles personnes. J’ai entendu de belles histoires, et ça m’a permis de voir un autre côté de ma communauté », fait-elle fièrement savoir.

Aux dires de la principale intéressée, la réaction de la communauté face à son retrait du conseil a également été positive et empathique.

« Même après la nouvelle, les gens ont montré tellement de sensibilité à mon égard. C’est une belle communauté, on est proche, les gens ont compris. Je n’ai eu que du respect et je les en remercie, c’est vraiment touchant. »

Mme Sirois estime que sa situation est peut-être une bonne leçon pour quiconque voulant se présenter à des élections.

« Il faut apprendre, et moi, j’ai appris beaucoup. Je pense que mes collègues aussi ont appris. Je suis déçue de ne pas pouvoir représenter mes concitoyens. Les gens vont lire ça, et si jamais quelqu’un pense se présenter et ils pensent qu’ils sont en conflit d’intérêts, ils vont vérifier avant. »

Celle-ci souhaite rassurer la communauté de Casselman en affirmant qu’elle continuera de s’engager pleinement au sein du village.