Les Comtés unis de Prescott et Russell n’ont pas encore de projet d’installation de caméra sur les autobus scolaire, comme à Ottawa.

Signaux d'arrêts des autobus scolaires: un danger différent en milieu rural

Alors qu’Ottawa lancera, d’ici mars 2019, un projet d’installation de six caméras photo radar sur des autobus scolaires, les municipalités des Comtés unis de Prescott et Russell n’ont pour l’instant aucun projet allant dans le même sens.

Pourtant, selon le vice-président de Bus Patrouille, entreprise qui installe les caméras, Roberto Rego, le niveau de danger pour les enfants dans les régions rurales est « aussi élevé ou plus élevé que dans les milieux urbains. »

M. Rego affirme que la plupart des enfants habitant dans des régions éloignées qui descendent de l’autobus doivent traverser la rue pour retourner chez eux. « Il ne faut jamais oublier que les autobus scolaires, ce sont comme de gros camions. Ils ne peuvent pas déposer l’enfant directement à l’entrée, puisqu’ils n’ont pas assez d’espace pour faire demi-tour. »

L’autre problème en région rurale est la vitesse à laquelle peuvent rouler les automobilistes. C’est du moins ce que craint le chauffeur Nick McRae lorsqu’il doit reconduire les enfants de l’école à bord de son autobus. Aussi directeur général des lignes d’autobus Roxborough, une entreprise qui assure le déplacement de 10 000 élèves dans tout l’Est ontarien, M. McRae est convaincu que les enfants ont « toujours un peu d’inquiétude avant de traverser ».

« Souvent, on a des autos qui passent à des vitesses très élevées. Quand une voiture passe, [le conducteur] ne modère pas, et il n’a pas toujours le temps de voir le signal d’arrêt. »

Un projet de caméras désuet ?

À Ottawa, les caméras serviront à pincer les automobilistes qui effectuent un dépassement illégal d’un autobus d’écoliers dont les feux sont allumés ou dont le signal d’arrêt est déployé.

Selon M. Rego, ce projet n’aura peut-être pas les effets escomptés, étant donnée l’ambiguïté des lois actuelles. « Le problème, avance-t-il, c’est que les contraventions sont très contestables, puisque les réglementations sont trop incomplètes. »

Celui-ci croit toutefois que ce projet de caméras photo radar permettra de collecter davantage de données.

Aux États-Unis, les caméras de surveillance de Bus Patrouille ont été installées sur 4 000 autobus scolaires, dans six états différents.

En 2016, l’entreprise a dévoilé qu’en Ontario, un seul autobus scolaire se faisait dépasser par près d’un véhicule par jour.

En tout, ce sont plus de sept contraventions qui pourraient être données quotidiennement en province, selon l’étude réalisée par Bus Patrouille.

Le gouvernement provincial n’a toujours pas donné suite à cette étude.