Les paramédics des comtés unis de Prescott-Russell ne répondent plus aux appels provenant d’Ottawa.

Services d'urgence de Prescott-Russell: la fermeture des lignes fonctionne «à merveille»

Depuis que les ambulanciers paramédicaux des comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) éteignent leurs émetteurs radio durant leur retour d’Ottawa vers leur territoire, le volume de réponses des services d’urgence dans la capitale fédérale a été considérablement réduit.

« Pour vous donner une idée, en 17 jours, du 4 au 20 juin, ça a permis 193 fois de revenir chez nous. (...) On est content d’avoir fait ça », a annoncé le directeur des Services d’urgence de Prescott-Russell, Michel Chrétien, aux membres du conseil des CUPR, mercredi.

Ce moyen de pression a été mis en place afin de demander au gouvernement provincial de trouver une solution au nombre élevé d’appels que reçoivent les Services d’urgence de Prescott-Russell dans les villes avoisinantes.

Depuis 2016, elles ne sont plus tenues de payer pour les services d’urgence des autres territoires, qui eux doivent tout de même répondre aux appels d’urgence lorsqu’ils en reçoivent, peu importe où ils se trouvent.

Deux enquêtes en une semaine

Le ministère de la Santé de l’Ontario s’oppose à ces mesures, affirme M. Chrétien. En une semaine, deux enquêtes à l’endroit des services d’urgence de la région ont été déclenchées.

« Dans les derniers 20 ans que je suis ici, on a reçu quatre enquêtes. Là, ils nous en lancent deux en une semaine. »

Le directeur des Services d’urgence a aussi fait savoir au conseil des CUPR que les employés auraient été blâmés par le ministère. Il a tenu à soutenir que le service s’engage à protéger les ambulanciers paramédicaux, qui ne font que répondre aux directives de M. Chrétien.

« Nous on est prêt et on pense que notre position est très forte. On n’a pas eu de réplique, nos avocats sont impliqués, on attend, mais on persiste avec la position. On va aller aux tribunaux s’il faut (...) La seule chose qu’on veut en bout de ligne, c’est s’asseoir avec eux et essayer de trouver une solution, pour protéger nos citoyens. »

« Je trouve ça intéressant que la Ville d’Ottawa ait été capable de trouver une échappatoire pour arrêter de nous payer, et le ministère n’était pas intéressé à s’impliquer, mais nous on trouve un échappatoire pour protéger nos citoyens, et là le ministère court après nous », a avancé le maire de Russell, Pierre Leroux.

Celui-ci a également demandé à M. Chrétien s’il avait reçu du soutien de la part de la députée provinciale de la région, Amanda Simard.

« Le conseil m’avait demandé de faire un suivi avec Mme Simard, j’avais appelé à plusieurs reprises, sans retour d’appel. J’ai eu une rencontre avec un représentant de son bureau, mais je n’ai toujours pas entendu de retour de Mme Simard », a-t-il répondu.