Les services ambulanciers de Prescott et Russell ont répondu à plus de 1000 appels à Ottawa en 2016.

Services ambulanciers: les CUPR dénoncent l'inaction de Queen's Park

« Est-ce qu'il faut attendre qu'il y ait un décès avant que la province n'agisse ? ». C'est la question qu'a lancée le maire du canton de Russell, Pierre Leroux, en parlant du problème des ambulances des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) qui sont régulièrement appelées à intervenir sur le territoire d'Ottawa au détriment de la population locale.
Le dossier était de nouveau le sujet de vives discussions, mercredi, à la réunion des CUPR. Selon le directeur des Services d'urgence des CUPR, Michel Chrétien, la problématique se détériore. 
M. Chrétien a notamment évoqué une situation ou la vie d'un enfant du canton de Russell a récemment été mise en danger. 
« C'est épeurant. Mardi, nous avions zéro véhicule d'urgence dans Prescott-Russell pour une période de temps alors qu'il répondait à des appels à Ottawa. Ce sont des choses qui se produisent chaque jour ».
Dans les dernières semaines, un rapport remis au ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD) fait état d'une centaine de déploiements des services ambulancier de CUPR vers Ottawa. 
« Les volumes (d'appels d'Ottawa) augmentent. Ça fait en sorte qu'on vide notre territoire au complet. Toutes les plaintes que nous avons apportées, il n'y a absolument rien qui a été fait », a affirmé M. Chrétien.  
En plus de l'impact au chapitre de l'efficacité du service d'ambulance, les CUPR doivent également défrayer les coûts des appels puisque la ville d'Ottawa ne paie plus pour le service depuis le 1er janvier 2016.
En 2016, les services ambulanciers  des Comtés unis ont effectué plus de 1000 interventions à Ottawa qui ont coûté environ 1,5 million $. Les contribuables de Prescott et Russell doivent absorber la moitié de cette somme, soit environ 750 000 $. 
Les CUPR continueront d'exercer de la pression auprès de la province pour exiger une modification à la Loi sur les ambulances ainsi qu'un remboursement de la part d'Ottawa. La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a d'ailleurs été mise au courant de la situation lors d'une visite dans l'Est ontarien en novembre dernier. 
Une solution
Selon Michel Chrétien, la solution au problème serait d'établir un système de répartition par priorité médicale effectuée lors du triage, comme cela se fait à Toronto. 
« Ce système ferait en sorte que nos ambulances seraient moins souvent appelées à aller à Ottawa pour des situations moins prioritaires. Il y a des solutions tangibles, faciles à faire, mais on n'a aucune réception du ministère pour régler le problème », a fait valoir M. Chrétien.