Le scénario de la routine écolière modifiée pour la rentrée scolaire ontarienne poserait de sérieux problèmes de logistique aux parents-enseignants, croit un professeur de Rockland.
Le scénario de la routine écolière modifiée pour la rentrée scolaire ontarienne poserait de sérieux problèmes de logistique aux parents-enseignants, croit un professeur de Rockland.

Scénarios de la rentrée en Ontario: un vrai casse-tête, dit un enseignant

Le scénario de la routine écolière modifiée pour la rentrée scolaire ontarienne poserait de sérieux problèmes de logistique aux parents-enseignants, croit un professeur de Rockland.

Le ministre de l’Éducation de l’Ontario, Stephen Lecce, a proposé le 19 juin dernier trois scénarios pour la rentrée scolaire 2020. L’un de ces scénarios, celui de la routine écolière modifiée, consiste entre autres à permettre un maximum de 15 élèves par classe et à établir un horaire en alternance pour ces écoliers. «C’est vraiment celui-là qui pose problème pour nous les enseignants(es)», souligne un professeur de Rockland, qui a accepté d’exprimer son mécontentement sous le couvert de l’anonymat. «Moi qui suis enseignant, je devrais être [à l’école] 100% du temps, mais mes enfants, des élèves, eux devraient être présents 50% du temps. La mathématique ne fonctionne pas.  Qu’est-ce qu’on est supposés faire les journées qu’ils sont à la maison, quand nous on est supposés être à l’école?»

Il ajoute que les enseignants ontariens ayant en moyenne entre 25 et 40 ans ont de grandes chances d’avoir des enfants en bas âge. «On a des jeunes enfants qui ne peuvent pas s’occuper d’eux-mêmes à la maison. Les espaces de garderie, il n’en pleut pas. Je n’ai pas de famille qui peut s’occuper de mes enfants.»

Selon lui, le scénario de la routine modifiée est plausible sur papier, mais la réalité des enseignants n’est pas prise en considération. «Ça n’a pas de sens, ça ne tient pas debout. Sur le plancher des vaches [c’est autre chose].»

Le ministre de l’Éducation de l’Ontario, Stephen Lecce

Réactions

«Je ne sais pas s’il y a eu des discussions entre les conseils scolaires et le syndicat. Je sais que moi, comme enseignant, je n’ai pas été consulté», ajoute le professeur. Par courriel, le ministère de l’Éducation ontarien indique qu’«en tant qu’employeurs, les conseils scolaires sont responsables de donner suite aux inquiétudes exprimées par leurs employés au sujet du plan de réouverture élaboré à l’échelle locale.» 

Le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien et le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario préfèrent par contre ne pas s’avancer pour le moment. Ils affirment explorer les différentes possibilités et travailler de pair avec le gouvernement provincial et les autorités de santé publique pour élaborer un plan pour la rentrée scolaire.

«Les scénarios envisagés seront présentés aux différents syndicats au moment opportun», souligne le CSDCEO. 

L’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO) dit pour sa part attendre les plans de réouverture des conseils scolaires, mais assure que «la priorité pour la rentrée scolaire doit être la formation en santé et sécurité pour le personnel et les élèves».

L’AEFO  invite également les gouvernements et les conseils scolaires à «rester à l’écoute des préoccupations des travailleuses et travailleurs en éducation et des syndicats.» 

Les conseils scolaires ont jusqu’au 4 août pour présenter un plan de retour à l’école au ministère. «Et je sais que je ne suis pas le seul dans ce bateau-là, clame pour sa part l’enseignant. Ce serait excessivement difficile de gérer ça [si le scénario de la routine modifiée est retenu]. C’est irréaliste. Ça ne se fait juste pas.»