Selon Antonios Tsourounakis, aucune entreprise ne peut absorber une hausse de 32% des salaires en deux ans.

Salaire minimum : une hausse sur cinq ans plutôt que deux

Les chambres de commerce de Clarence-Rockland et de Hawkesbury demandent à la province d'étaler sur cinq ans la hausse du salaire minimum à 15 $ prévue pour 2019.
« Il n'y a qu'une demande que l'on peut faire à la province et c'est d'échelonner la hausse de salaire. Nous ne sommes pas contre les salaires équitables, mais les entreprises ont besoin de plus de temps pour étaler ces augmentations. Si on ne peut pas stopper la hausse, on pourrait au moins la ralentir », a suggéré Antonio Tsourounakis, président de la Chambre de commerce de Hawkesbury aux maires de Comtés unis de Prescott et Russell, mercredi dernier. Il était accompagné par son homologue de la Chambre de commerce de Clarence-Rockland, Karine Lauzon.
Les Comtés unis de Prescott et Russell ont d'ailleurs joint leur voix à celle des deux organisations afin d'exiger que la province revoie l'adoption du Projet de loi 148 sur la réforme de la Loi sur les normes d'emploi de l'Ontario. Un projet qui occasionnerait également d'importantes hausses de taxe municipale.
Depuis l'annonce de la province d'augmenter le salaire minimum à 14 $ en janvier 2018 puis à 15 $, en janvier 2019, les propriétaires d'entreprise de l'Est ontarien peinent à anticiper les impacts financiers sur leur entreprise. 
C'est le cas d'Antonio Tsourounakis, qui est lui-même propriétaire d'un restaurant à Hawkesbury.  
« On parle d'une augmentation totale de 32 % de la part des salaires. Il faut s'attendre à un réveil brutal. Il n'y a aucun doute que les prix augmenteront », a lancé M. Tsourounakis. 
Dès le début de 2018, l'entrepreneur se demande bien également comment il va expliquer à ses employés, qui gagnent déjà 14 $ par heure, qu'un nouvel employé avec aucune expérience gagnera le même salaire qu'eux dès le départ. 
« C'est évident que les employés expérimentés vont exiger une augmentation de salaire. Il y aura un effet domino. Ces augmentations ne peuvent pas être absorbées par les entreprises », a-t-il fait valoir. 
M. Tsourounakis a également soulevé le fait que la réalité des grands secteurs urbains n'est pas nécessairement la même pour les secteurs ruraux. 
« La province ne comprend pas l'effet disproportionné que cette hausse a sur notre région. Ce qui a du sens pour eux n'a pas de sens pour nous », a affirmé M. Tsourounakis.
De son côté, le maire de la municipalité de Russell, Pierre Leroux, lui aussi propriétaire d'une petite entreprise, craint de devoir fermer boutique. 
« En raison de ces changements, je vais fermer mes portes. C'est donc dix employés qui perdront leur emploi », a laissé entendre M. Leroux. Selon lui, une démonstration à Queen's Park serait nécessaire pour faire passer le message. 
« Les gens doivent comprendre l'impact. Ils gagneront plus d'argent, mais ils devront payer plus en taxes. À la fin, c'est la province qui récoltera plus de taxes », a affirmé M. Leroux.