Une étude révèle que près de 65% des couples de même sexe se seraient rencontrés en ligne, comparativement à 40% des couples hétérosexuels.

Rencontres LGBTQ en ligne: un accès aux discussions

ÊTRE LGBTQ DANS UNE RÉGION RURALE (3 de 5) / Les services et le soutien aux membres de la communauté LGBTQ sont présents et facilement accessibles dans les grands centres urbains comme Ottawa ou Montréal. Mais qu’en est-il des régions rurales ? À l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai, Le Droit vous offre cette semaine un regard sur les réalités quotidiennes de la communauté LGBTQ de la région de Prescott-Russell, dans l’Est ontarien.

Depuis son village rural de l’Est ontarien, Marilou Charlebois, une jeune femme lesbienne, a trouvé en ligne ce qu’elle avait du mal à trouver « en vrai » : un accès à des discussions avec d’autres femmes, qui, comme elle, souhaitent faire des rencontres.

Originaire de St-Albert, Marilou n’avait pas encore fait son coming-out quand elle s’est inscrite pour la première fois sur des applications de rencontres en ligne.

De nature plutôt timide, elle avoue que ce sont ces outils virtuels qui l’ont aidée à sortir du placard. « Ça m’a poussée à le dire à ma famille. Je trouve que c’est une bonne façon pour les personnes qui n’ont vraiment personne à qui parler, de le faire. »

Selon une étude de l’Université de Standford et de l’Université du Nouveau-Mexique publiée en janvier 2019, la grande majorité des personnes LGBT rencontrent leur partenaire par l’entremise d’un site ou d’une application de rencontre. L’étude révèle que près de 65 % des couples de même sexe se seraient rencontrés en ligne, comparativement à 40 % des couples hétérosexuels.

Aujourd’hui en couple avec une femme qu’elle a rencontrée en ligne, Marilou et sa blonde s’apprêtent à emménager ensemble, à Ottawa.

Mise en garde

Or, une éducation plus approfondie doit être faite auprès des utilisateurs des services en ligne, croit la présidente du comité Éducation du groupe LGBTQ & Alliés de Prescott-Russell, Nathalie Dubé. « Il y a un côté très positif d’avoir accès au virtuel. Le problème, c’est que si tu ne sais pas c’est quoi le danger, tu n’es pas outillé pour dealer avec le danger. Il peut toujours y avoir des personnes avec de mauvaises intentions qui peuvent venir envahir les espaces virtuels sécuritaires. »

Elle s’interroge aussi sur la qualité de l’information que reçoivent les jeunes. « En milieu rural ou isolé, on le fait pour les plus vieux, mais chez les jeunes, je ne suis pas certaine que le message passe, et on ne les éduque probablement pas selon leurs besoins, donc c’est plus difficile de répondre aux dangers que ça représente. »

Par ailleurs, l’accès à Internet dans la région de l’Est ontarien demeure un enjeu omniprésent. Alors que le gouvernement fédéral vient d’annoncer un financement à ce sujet dans son dernier budget, un grand nombre de personnes LGBTQ n’ont toujours pas accès à une connexion à haute vitesse ou au réseau cellulaire, même que certains n’y ont pas accès du tout. « Il y a beaucoup d’isolement, beaucoup d’incompréhension de leur environnement. Donc, ça ne rend pas ça facile si tu n’as pas une façon d’aller chercher ces services-là ailleurs, en ville ou en ligne, ça ajoute un autre niveau de difficulté. »

Bien consciente des dangers que peuvent représenter les rencontres en ligne, Marilou affirme avoir pris les précautions nécessaires pour les éviter. « Comme les experts le disent, il faut se méfier, donc tu fais tes rencontres dans un endroit public, et tu t’assures qu’il y ait des gens autour. C’est sûr que c’est comme un mélange d’émotions, j’étais stressée, parce que tu rencontres quelqu’un de nouveau. Mais pour moi personnellement, ça a été très positif comme expérience. »