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Le printemps hâtif pourrait jouer des tours aux agriculteurs trop pressés.
Le printemps hâtif pourrait jouer des tours aux agriculteurs trop pressés.

Redoux printanier: pas que du bon pour l’agriculture

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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Alors que le redoux printanier peut être gage d’opportunités pour certains agriculteurs de l’Est ontarien, il apporte aussi son lot de défis pour certaines cultures.

«Le sol est relativement sec, on serait prêts à travailler dans les champs, mais c’est très hâtif», explique le directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Danik Lafond. «On ne sait pas ce qui nous attend dans les prochains jours. En avril, on risque d’avoir des nuits froides. L’enthousiasme du beau temps fera peut-être que certains voudront utiliser ce printemps très hâtif pour gagner du temps, mais peut-être qu’au tournant du mois d’avril, ça va nous jouer des tours.»

Pour certaines cultures, le temps
Le temps clément peut être annonciateur d’une saison plus longue et d’une croissance favorable, alors que d’autres ne sauront plus où donner de la tête, avance M. Lafond. «Si le printemps continue d’être très clément, ça augmente la durée de prolifération des maladies et ça demande davantage de surveillance. Pour des cultures comme les pommiers, le contrôle des maladies ravageuses se pointe déjà le bout de nez. Ça se fait de façon précoce cette année. Il y a des cultures qui doivent déjà être en traitement. Ça prend les producteurs un peu de court. Il y a de l’entretien qui doit être fait aussi au printemps, et là tout arrive en même temps.»

Difficile fin de saison des sucres
Pour l’acériculture, le début de la saison des sucres 2021 était de bon augure, dans une certaine mesure. Mais les érables sont un peu plus capricieux, note M. Lafond, alors que les températures nocturnes ont rapidement dépassé le point de congélation. «Les fenêtres d’opportunités en agriculture au sol sont beaucoup plus grandes, beaucoup plus généreuses et permissives. En acériculture, il suffit de quelques mauvaises nuits, de quelques nuits un peu plus chaudes et on se retrouve un peu dans le trouble.»

Selon le rapport annuel sur la production de sirop d’érable de l’organisme Sirop d’érable Ontario, les producteurs de l’est de l’Ontario et de la vallée de l’Outaouais ont produit en 2021 environ 50 à 60 % de ce qu’ils avaient produit les années précédentes. Toujours selon le rapport, les producteurs ont déclaré que cette année était la plus difficile jamais enregistrée, à l’exception de 2012.

En raison de l’arrivée précoce du printemps, l’organisme Conservation de la Nation Sud (CNS), qui récolte annuellement la sève d’érable et la remet à des producteurs acéricoles, a connu une saison inhabituellement courte. Seuls 2 450 gallons de sève ont été recueillis sur une période de deux semaines en mars, contre 8 600 gallons l’année dernière. «Cette année, à la forêt Oschmann de North Dundas, la sève n’a coulé que pendant la première semaine de mars avant de commencer à prendre une couleur blanche nuageuse. La sève devient nuageuse lorsqu’elle commence à devenir mauvaise», explique le porte-parole de la CNS, Taylor Campbell. «À titre de comparaison, l’année dernière à la même époque, nous étions encore à recueillir de la sève dans la forêt.»