La Cour divisionnaire de l’Ontario a tranché la semaine dernière et réfute la décision du ministère de l’Environnement ontarien d’annuler le projet éolien industriel Nation Rise dans le Comté de North Stormont.
La Cour divisionnaire de l’Ontario a tranché la semaine dernière et réfute la décision du ministère de l’Environnement ontarien d’annuler le projet éolien industriel Nation Rise dans le Comté de North Stormont.

Projet éolien: la Cour divisionnaire ontarienne dit non à Yurek et oui à Nation Rise

La Cour divisionnaire de l’Ontario a tranché la semaine dernière et réfute la décision du ministère de l’Environnement ontarien d’annuler le projet éolien industriel Nation Rise dans le Comté de North Stormont.

Plusieurs éoliennes du parc Nation Rise étaient déjà érigées lorsque le ministre de l’Environnement de l’Ontario, Jeff Yurek, a ordonné l’annulation du projet en décembre 2019. Dans sa décision rendue publique mercredi dernier, la Cour divisionnaire ontarienne a statué que le ministre n’avait pas présenté d’arguments suffisamment valables pour justifier l’avortement de la construction du parc éolien. M. Yurek avait avancé que le projet était susceptible de causer des dommages graves à certaines espèces de chauves-souris, argument d’abord révoqué par le Tribunal environnemental ontarien. Ce dernier affirmait au contraire que les risques envers la santé des mammifères étaient peu probables. Le ministre Yurek avait alors outrepassé la décision du Tribunal et était allé de l’avant avec l’abrogation du projet. «Nous estimons que la décision du ministre était déraisonnable et que le processus par lequel il a pris cette décision était inéquitable sur le plan de la procédure», peut-on d’ailleurs lire dans la décision finale de la Cour.

Jeff Yurek

Dans une déclaration écrite, l’attaché de presse du ministre, Andrew Buttigieg, affirme respecter la décision de la Cour divisionnaire, mais être déçu du résultat. «Pour l’instant, nous examinons la décision et étudions attentivement les prochaines étapes à suivre», a-t-il indiqué.

L’entreprise EDP Renewals, responsable du projet, affirme pour sa part en être toujours à la révision de la décision. Le promoteur estime ainsi que la Cour a reconnu que M. Yurek a commis une erreur. Il confirme néanmoins être impatient de reprendre la construction afin d’investir dans la communauté. «Le retard dans le projet causé par la décision du ministre a entraîné des dépenses inutiles jusqu’à présent, à un moment où les gouvernements et les entreprises devraient se concentrer sur la réduction des coûts et la relance de l’économie».

Cette décision du tribunal ontarien a néanmoins semé la grogne auprès de plusieurs groupes d’oppositions au projet dans la région. «[Cette décision] semble laisser l’ensemble de la province très vulnérable. Le ministre et le ministère de l’Environnement, avec toutes leurs ressources, ne peuvent pas protéger nos ressources naturelles et les espèces en danger. La seule protection contre ce genre d’erreurs de la part du Tribunal de l’environnement est maintenant entre les mains des citoyens privés», s’insurge Margaret Benke, présidente du groupe Concerned Citizens of North Stormont. Elle ajoute que le CCNS demandera à la Cour d’appel ontarienne de reconsidérer la décision qu’elle qualifie «d’énorme pas en arrière pour la protection de l’environnement en Ontario».

Même écho du côté de l’organisation Sauvez La Nation, un autre regroupement citoyen qui s’oppose à l’arrivée de tels projets dans l’Est ontarien, mais qui milite également contre le processus d’approbation actuel des projets d’énergie renouvelable dans dans la province. « Nous sommes évidemment déçus de cette décision. Si le ministre de l’Environnement n’a pas le pouvoir de prendre des décisions pour protéger l’environnement et dans l’intérêt public, alors qui le peut? Nous souhaitons vivement que le ministre fasse appel de cette décision», déclare Julie Leroux, présidente et porte-parole du mouvement.

Le projet éolien Nation Rise est évalué à 200 millions de dollars.