L’Association de l’Hôpital Montfort est à la recherche d’ambassadeurs provenant de la région de Prescott et Russell.

Prescott-Russell sera entendue à l’Hôpital Montfort

L’Association de l’Hôpital Montfort est à la recherche d’ambassadeurs provenant de la région de Prescott et Russell.

L’an dernier, la proportion des patients hospitalisés à l’Hôpital Montfort en provenance de la région de Prescott et Russell s’est élevée à un peu plus de 13 %.

Pour donner une voix à cette communauté et pour lui « tendre la main », le conseil d’administration de l’Hôpital Montfort accueillera des représentants de Prescott et Russell qui pourront exprimer les enjeux et les besoins de la région.

« On trouve important d’avoir une lentille sur tous les gens qu’on dessert, autant pour les communautés multi ethniques, les autochtones, les femmes. On cherche à représenter tout le monde, et nous avons une présence importante provenant de Prescott-Russell », souligne le président du conseil d’administration de l’Hôpital Montfort, Carl Nappert.

Une réaction mitigée

Le directeur général du Centre de santé communautaire de l’Estrie, Marc Bisson, reçoit cette initiative avec réticence.

« La réalité entre Prescott-Russell et Ottawa, c’est qu’il y a une tension, et on le ressent que les gens de Prescott-Russell veulent garder leurs services pour eux. C’est évident que Montfort s’est donné un mandat francophone, plus large que juste Ottawa. (...) Dans Prescott-Russell, on a une loyauté locale, et le défi français n’est pas aussi important, puisqu’on est en majorité francophone. On a moins de difficulté à accéder aux services en français. »

Mercredi, M. Bisson et la Dre Suzanne Fillion ont présenté au conseil des CUPR une mise à jour sur le nouveau concept de prestation des services de santé dans la région.

L’Équipe de Santé de Prescott-Russell a été créée en réaction à l’élimination des réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) par le gouvernement Ford. Il s’agit d’un nouveau modèle d’équipe de santé non urbaine qui vise à répondre aux besoins des patients en les connectant à des services non disponibles localement.

« Il y a une façon de travailler en milieu rural qui n’est pas la même qu’en milieu urbain. Les réalités sont différentes. L’offre d’ambassadeurs est intéressante. S’il y a des gens de Prescott-Russell qui siègent, il y a des services que Montfort pourrait offrir davantage en complémentarité avec l’Hôpital général de Hawkesbury. Mais il y a toujours une crainte, à savoir si c’est une prise de contrôle. Montfort a une réputation de vouloir prendre plus de contrôle. »

Or, M. Bisson ne doute pas de la sincérité de l’esprit collaboratif du conseil d’administration de l’Hôpital Montfort.

« Lorsqu’on va être regroupés dans notre équipe santé, on va être capable d’identifier des trous dans notre système, que Montfort pourrait nous aider à remplir. Mais si Montfort vient unilatéralement dans la région et dit ‘On offre ce service’, ça pourrait être mal perçu. (...) Si Montfort, Hawkesbury et l’équipe santé gardent toujours en tête le mieux du client, on va y arriver. C’est quand c’est politique que ça devient difficile. »

Selon M. Nappert, il n’existe pas de friction entre les deux hôpitaux.

« Il y a une belle collaboration à Hawkesbury. Géographiquement parlant, ils sont très loin de nous. Mais on couvre une partie des mêmes régions. C’est important de collaborer. »

Les profils que recherche le conseil sont notamment en gestion et en cybersécurité.

Il est également primordial pour M. Nappert que les candidats aient la francophonie à cœur.