L'eau monte dans le secteur du chemin Pago, à Clarence-Rockland, mais aucun sinistré n'a été signalé pour le moment.

Pas encore de sinistrés dans l’Est ontarien

Aucune autorité municipale de la région de Prescott et Russell n’a reçu d’appel à l’aide de la part de résidents inondés jusqu’à présent.

Le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, soutient que la municipalité et les résidents se sont préparés au pire, et qu’il était mieux de ne pas prendre de chances. «On est prêts», fait-il savoir avec confiance.

M. Desjardins effectue des rondes de sa municipalité depuis vendredi. «Tout va bien aller», répète-t-il aux résidents, en tentant de se faire le plus rassurant possible.

L’eau à Thurso devrait atteindre son plus haut niveau dimanche, a annoncé la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais. «Le niveau devrait demeurer élevé pour les prochains jours avec des risques d’augmentation selon le ruissellement de la fonte des neiges ainsi que les précipitations envisagées pour les prochaines deux semaines», a indiqué la responsable des communications de Clarence-Rockland, Julie Chartrand, dans un communiqué envoyé dimanche.

Cette dernière affirme qu’en raison des bancs de neige exceptionnellement élevés plus au nord, la municipalité a pris «volontairement» la décision de ne pas prévoir le retrait des sacs de sable jusqu’à ce que le risque d’inondation ait diminué.

Les moyens du bord

Julien Raymond a trouvé une méthode créative pour remplir plus facilement ses sacs de sable.

Un peu partout en région, des citoyens usent de leur force physique depuis quelques jours afin de remplir des centaines de milliers de sacs de sable.

Au bout de quelques heures, rares sont ceux qui n’éprouvent aucune douleur au dos, aux bras, aux jambes.

Sur la rue Voisine, Julien Raymond a fait preuve de créativité en inventant un système pour ensacher plus facilement et plus rapidement. À l’horizontale, son escabeau sert de levier pour les seaux vides dont il a coupé le fond, accrochés avec de la corde. Sous ces seaux, il y installe les sacs vides. Ainsi, il n’a qu’à jeter le sable dans les sacs suspendus et voilà, le tour est joué!

Alfred-Plantagenet

Les bénévoles ont terminé leur travail au garage municipal de Lefaivre. Il ne reste plus qu’une pile de sable et quelques pelles. Des sacs vides y ont aussi été laissés, au cas où des résidents souhaiteraient se servir. Selon le Service d’incendie, toutes les 5000 poches de sable ont été distribuées.

Routes fermées

  • Route Onesime Guibord — de 743 mètres à l’ouest de Dallaire jusqu’au bout de la route
  • Route Du Lac — de 317 mètres au sud de la route Maisonneuve, jusqu’à la route Lalonde, jusqu’à 132 mètres à l’est de la route Labelle, jusqu’à la route Rollin
  • Route Rollin Nord — à la hauteur de la route St-Pascal
  • Route Johnston — de la route Russel à la route Ettyville
  • Route Boileau — de 610 mètres au sud de la route Russell, jusqu’à la route Ettyville
  • Route-Ettyville — de 454 mètres à l’est de la rue Boileau jusqu’au bout de la route
  • Route Division et route de Consession 2 de Plantagenet

Des riverains craignent la glace

Des résidents de la rue Voisine, à Clarence-Rockland, sont inquiets que les nombreuses plaques de glace percent les milliers de sacs de sable empilés autour de leurs maisons.

Au bord de la rivière des Outaouais, dans l’Est ontarien, des résidents craignent qu’avec la rapidité du courant qui circule d’ouest en est, les sacs qu’ils installent depuis trois jours ne tiennent pas au contact des plaques de glace.

Pierre Voisine, résident de la maison la plus à l’est de la rue, installera au cours de la journée des pompes d’eau qui pousseront le courant un peu plus loin. Celui-ci espère que les jets seront assez forts pour faire contourner le trajet des plaques de glace, afin qu’elles n’atteignent pas les maisons suivantes.

La maison de Pierre Voisine, le 330, est la plus à l'est du voisinage.

«La glace, c’est nouveau pour nous, qu’elle soit là, aussi présente, pendant que l’eau est haute. En 2017, chez un des résidents, on avait bâti les murs avec les sacs de sable, mais à cause d’un problème de vent, des vagues de deux pieds les poussaient, donc à 3h du matin, on devait tout rebâtir. Ça a fonctionné. On se sent un peu comme des ingénieurs maintenant.»

Malgré un sentiment d’impuissance, les résidents de la rue Voisine, qui avaient été ceux des plus touchés dans l’Est ontarien lors des inondations de 2017, demeurent reconnaissants d’avoir été mieux préparés, cette fois-ci. «Je dois avouer que la municipalité, les conseillers, le maire, ils ont fait un excellent travail. En 2017, on commençait à faire des sacs de sable, on travaillait dans l’eau, dans la nuit. Cette année, on était prêt, on a assez de sacs, on en avait manqué en 2017. Ils nous ont avertis bien en avance», juge M. Voisine.