Les maires des Comtés unis de Prescott et Russell veulent mettre fin l’entente de partage des services ambulanciers.

Partage d'ambulances dans l'est ontarien: les maires en ont assez

Le partage des services d’urgence entre les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) et les villes d’Ottawa et de Cornwall fait monter la grogne chez les employés des CUPR. Le directeur des Services d’urgence de la région déplore une impasse à 2,2 millions $.

Les huit maires membres des CUPR n’ont pas de mots doux quant à ce dossier. « Il faut que ça arrête », a lancé furieusement le maire Robert Kirby lors de la réunion du conseil, mercredi.

Depuis la fin de l’entente de partage de coûts entre Ottawa et ses villes voisines, les interventions des Services d’urgence des CUPR augmentent constamment. Selon le directeur des Services d’urgence de Prescott-Russell Michel Chrétien, toutes les options possibles pour régler ce litige ont été tentées. « On a tout essayé. On leur demande maintenant soit de nous rembourser pour les années 2015 à 2018, ou bien la loi doit changer. »

Le même portrait se dessine avec la Ville de Cornwall. De 2016 à 2018, les coûts reliés aux interventions d’urgence effectuées à Cornwall par les Comtés unis se situent à près de 700 000 $. À Ottawa, ce nombre s’élève à plus de 1,5 million $.

« Oui, il y a un impact financier majeur parce qu’on dépense de grosses sommes d’argent pour aller faire ces appels à Ottawa. Mais aussi, on met notre population à risque. En aidant les autres municipalités, nous avons juste un ou deux véhicules disponibles pour toute notre population », déplore le directeur général des CUPR, Stéphane Parisien.

M. Chrétien dénonce aussi le manque de volonté d’Ottawa et de Cornwall d’être de « bons voisins ».

« Les villes d’Ottawa et de Cornwall peuvent encore nous rembourser, mais rien ne les oblige. Les deux municipalités ne sont pas intéressées à payer. »

En 2018, les contribuables des Comtés unis ont payé 600 $ par appel répondu, selon le rapport de M. Chrétien présenté au conseil.

D’après ce même rapport, depuis 2015, un total de 4,5 millions $ a donc été déboursé pour que les CUPR répondent à la demande des villes voisines. Si celles-ci décidaient de rembourser ce montant, la moitié serait redirigée vers le Ministère de la Santé, et l’autre, vers les CUPR.

Les employés des Comtés unis ne sont pas trop confiants quant à l’aide que pourrait leur apporter leur députée provinciale, Amanda Simard, qui a quitté le caucus conservateur dans la foulée des annonces du gouvernement Ford de couper dans les services en français.

« Ça ne sert pas à grand-chose de parler à Mme Simard, en raison de sa situation indépendante », a expliqué le directeur général des CUPR, Stéphane Parisien.

Au moment d’écrire ces lignes, Mme Simard n’avait pas répondu aux demandes d’entrevue.

La question sera toutefois abordée lors de la conférence de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (ROMA), qui se déroulera du 27 au 29 janvier, à Toronto.