Le gestionnaire de programme au BSEO, Nikolas Hotte

Opioïdes: situation « stable » dans l’Est ontarien

L’Est ontarien demeure, pour l’instant, moins touché par la crise des opioïdes qui sévit dans les grandes villes canadiennes.

C’est le bilan qu’a dressé Nikolas Hotte, gestionnaire de programme au Bureau de santé de l’Est ontarien (BSEO), lors de la présentation, mercredi, du plan en cas de crise des opioïdes, aux huit maires des Comtés unis de Prescott et Russell.

«En ce qui nous concerne, actuellement, c’est assez stable pour ce qui est des cas de surdoses dans la région. Les données locales sur les visites à l’Hôpital Général de Hawkesbury sont très constantes», a souligné M. Hotte.

Selon les données recueillies par le BSEO, de 2016 à 2017, l’Hôpital Général de Hawkesbury a reçu 12 visites liées à des surdoses d’opioïde. Au total, pour les quatre hôpitaux de l’Est ontarien (Hôpital communautaire de Cornwall, Hôpital Général de Hawkesbury, Hôpital Winchester District Memorial Hospital et l’Hôpital Glengarry Memorial Hospital) du mois d’avril 2017 au mois de février 2018, 49 cas de surdoses ont été recensés.

«C’est quand même assez constant. Il faut faire très attention parce que ce n’est que depuis le 1er avril 2017 que les hôpitaux sont obligés de rapporter ces données-là. Il se pourrait que le chiffre augmente», a affirmé M. Hotte.

En 2016 dans l’Est ontarien, six personnes ont perdu la vie à la suite d’une surdose d’opioïde. Le nombre de décès depuis 2010 est d’environ 40 personnes. Les chiffres sont toutefois plus inquiétants au niveau provincial qui enregistre une hausse continue de décès. Le nombre est passé de 571 en 2010, à environ 865 en 2016.

«L’année 2017 sera une autre année record malheureusement (en Ontario)», avertit Nikolas Hotte.

Fléau des drogues de rue
Que ce soit en poudre, en capsule, en comprimé ou autres, bon nombre des drogues retrouvées dans la rue risquent de contenir une forte concentration de fentanyl, une drogue 100 fois plus puissante l’héroïne. Selon Nikolas Hotte, plusieurs médicaments contrefaits circulent en ce moment.

«Le message qu’il faut transmettre au public à ce point-ci, c’est que le fentanyl pourrait se retrouver dans n’importe quelle drogue de rue. On devrait dire tout simplement de ne pas consommer de drogue, mais ce n’est pas la réalité. Donc, notre plus importante recommandation est de ne jamais consommer de drogues de rues ou de médicaments contrefaits», lance-t-il.

Timbres de fentanyl 
Pour sa part, Éric Larocque, des Services d’urgence des CUPR, précise que les timbres de fentanyl posent le plus grand danger dans la région.

Semblable au timbre de nicotine, celui-ci administre une dose contrôlée de fentanyl sur une période de trois jours.

«C’est un fléau partout en Ontario et au Québec. Les gens vont couper ce timbre et lorsqu’il est coupé en dix par exemple, la concentration de la drogue n’est pas nécessairement dans la même dans les dix sections», précise M. Larocque.

Plan d’action
Récemment, le BSEO a mis en place un plan d’intervention en cas de crise.

En plus d’accroître l’éducation, la communication et la surveillance, le Bureau de santé coordonnera les interventions avec l’appui de divers intervenants et partenaire en cas de crise.

À cela s’ajoute la distribution de trousse de naloxone — l’antidote en cas de surdose de fentanyl — aux services d’urgence, les pompiers de même que les pharmacies. De la formation est également offerte.