La nouvelle réglementation vise à réduire le volume de déchets envoyé au site d’enfouissement d’Alfred afin d’en prolonger la vie utile et d’en réduire les coûts d’exploitation.
La nouvelle réglementation vise à réduire le volume de déchets envoyé au site d’enfouissement d’Alfred afin d’en prolonger la vie utile et d’en réduire les coûts d’exploitation.

Moins de déchets à Alfred et Plantagenet

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
La quantité de sacs de déchets par résidence passera de trois à deux sacs dès le 15 septembre prochain, à Alfred et Plantagenet.

La municipalité fera également la distribution de bacs standardisés payés en partie par les citoyens, une mesure qui est loin de faire l’unanimité auprès de certains résidents du canton.

Le règlement 2020-36 a été adopté lors d’une réunion du conseil, le 16 juin dernier. Ce règlement «vise à réduire le volume de déchets envoyé au site d’enfouissement d’Alfred afin d’en prolonger la vie utile et d’en réduire les coûts d’exploitation», selon les documents d’information du canton.

Carolle Rose, une résidente, fait partie des citoyens qui s’opposent à cette nouvelle réglementation. Selon elle, ce n’est pas tant la diminution du nombre de sacs qui pose problème, mais davantage l’achat de nouvelles poubelles. «J’accepte le nouveau règlement de deux sacs par semaine, mais acheter des nouvelles poubelles, ce n’est pas écrit noir sur blanc que ça va régler le problème de dépotoir. Je pense que les gens sont assez intelligents pour respecter une limite de sacs sans faire l’achat de poubelles.»

En effet, pour mettre en branle son plan de réduction des déchets, la municipalité prévoit débourser 20$ par résidence pour couvrir le coût d’un nouveau bac, soit 50% du coût total. L’autre 20$ devra être déboursé par les citoyens via les taxes municipales de 2021. Le conseiller municipal et membre du comité de l’environnement du canton, Ian Walker, explique que garder son propre bac dans un effort collectif de réduction des déchets n’est pas si simple. «Ça prend le logo [de la municipalité], parce qu’il y a aussi un numéro qui nous permet de suivre les bacs.»

Et le compostage?

Sur les réseaux sociaux, plusieurs citoyens se disent déçus que le canton n’ait pas opté pour une solution plus verte et plus efficace, comme le compostage. Mme Rose, qui soulève elle aussi cette idée, a d’ailleurs lancé deux pétitions qui ont cumulé plus de 150 signataires en une seule journée. «Je sais que ma pétition ne changera rien. Je suis réaliste. Mais je me dis qu’il faut que les conseillers réalisent qu’ils ne peuvent pas prendre de décisions sans faire de consultation.»


« C’est un job très difficile de plaire à tous les citoyens. »
Stéphane Sarrazin, maire d’Alfred et Plantagenet

À cet effet, M. Walker explique que les citoyens ont été consultés via le comité de l’environnement de la municipalité, qui est toujours public. «Nous avons parlé de ça presque deux fois par mois [au cours des derniers mois] dans le comité de l’environnement.»

Sur Facebook, le maire d’Alfred et Plantagenet, Stéphane Sarrazin, a indiqué être conscient du tollé de réactions, positives ou négatives, suscité par la mesure, mais affirme que sa municipalité se doit de changer sa façon de faire. «Je suis fier de vous dire que le conseil municipal et l’administration travaillent pour améliorer les frais et les services de nos citoyens constamment, c’est un job très difficile de plaire à tous les citoyens.»

Ian Walker assure savoir que le règlement adopté par le conseil n’est pas une solution miracle, mais qu’il faut commencer quelque part. «Je crois que les prochaines étapes sont de viser les entreprises, pour qu’elles gèrent aussi mieux leurs déchets, et aussi de commencer avec le compostage. Mais dans notre municipalité, c’est difficile de donner quelque chose d’uniforme à tout le monde, parce que nous avons plein de villages. Nous travaillons là-dessus», assure le conseiller.

Il dit d’ailleurs prévoir apporter une suggestion en lien avec le compostage lors de la prochaine réunion du conseil.