La ministre Mélanie Joly était de passage à Hawkesbury pour rencontrer divers intervenants du monde touristique.

Manque de cohésion touristique dans l’Est ontarien

Les acteurs du milieu touristique dans l’Est ontarien font face à de multiples défis pour tirer leur épingle du jeu, dont le manque de cohésion touristique dans le vaste territoire qu’ils desservent.

Des intervenants du milieu touristique ont discuté des défis auxquels ils font face en plus d’échanger sur la vision qu’ils ont du tourisme dans l’Est ontarien avec la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, lors d’une table ronde organisée avec Tourisme Prescott-Russell mercredi.

« On est dans un vide. Si je prends la fromagerie en exemple, il n’y a rien d’autre à St-Albert à part un dépanneur et un bureau de poste. Quand un touriste vient, il doit retourner chez eux ou aller à Casselman ou à Embrun. C’est la même chose pour les autres attractions touristiques dans la région », illustre Eric Léveillé, directeur du développement des affaires à la Fromagerie St-Albert.

Ce dernier estime que la population de l’Est ontarien n’est pas intéressée à développer un pôle touristique.

« On a des banlieues complètes ici où on trouve juste des gens qui travaillent à Ottawa. Ils n’ont pas d’intérêt à avoir du tourisme parce qu’ils ne sont pas venus ici pour ça », explique M. Léveillé.

Ce dernier demande au fédéral d’aider le secteur touristique en offrant des programmes de formation afin de pouvoir accueillir les touristes ou encore en organisant des missions touristiques interprovinciales afin d’encourager les gens à voyager dans leur propre région.

Des propos qui ont trouvé écho autour de la table qui réunissait une dizaine d’intervenants. Ceux-ci sont d’avis que l’industrie touristique est souvent contrainte à travailler en silo.

« On est beaucoup trop laissé à nous-mêmes. Les municipalités ont un travail à faire là-dedans en nous fournissant des outils », estime Marie-Chantal Pilon, présidente de Tourisme Prescott-Russell.

Cette dernière ajoute que le défi est de réussir à garder les touristes dans la région plus d’une journée « pour pouvoir bien découvrir l’offre touristique ».

« Faire une activité c’est bien, mais vivre une expérience c’est mieux », ajoute-t-elle.

La rencontre dans l’Est ontarien s’inscrit dans le cadre de la tournée pancanadienne que la ministre Joly a entreprise en novembre dernier. L’objectif est d’écouter les gens du milieu afin d’élaborer une nouvelle stratégie fédérale en matière de tourisme.