Les élus de la Ville de Cornwall, dans l’Est ontarien, ont conclu lundi soir qu’ils souhaiteraient que l’Université de l’Ontario français soit installée à même leur territoire.

L’Université de l’Ontario français... à Cornwall?

Les élus de la Ville de Cornwall, dans l’Est ontarien, ont conclu lundi soir qu’ils souhaiteraient que l’Université de l’Ontario français (UOF) soit installée à même leur territoire. Mais s’agit-il vraiment d’une option prônée par le conseil de gouvernance?

Une résolution, apportée par le conseiller municipal Syd Gardiner, vise principalement à ce que Cornwall soit prise en considération pour devenir un lieu d’accueil de l’UOF.

« L’est de l’Ontario a toujours été ignoré, avance le conseiller Gardiner. Il est temps que le gouvernement commence à regarder notre région. Les petites villes comme Cornwall, Hawkesbury, Casselman, par exemple, c’est plein de francophones. »

M. Gardener craint surtout que si l’UOF prend place à Toronto, les étudiants de l’Est ontarien n’auront pas les moyens d’y faire leurs études post-secondaires. « Ce n’est pas une région où les gens sont riches. C’est trop cher d’envoyer nos enfants là. Ils ne pourront pas profiter d’un baccalauréat, à moins d’avoir les fonds nécessaires. »

Par ailleurs, M. Gardener et la mairesse de Cornwall, Bernadette Clement, affirment que Cornwall possède déjà les infrastructures nécessaires pour y accueillir une institution de services universitaires bilingues tels que le campus du Collège Saint-Laurent et le centre NAVCAN, par exemple.

Toutefois, le mandat de la présidente de l’UOF, Dyane Adam, est catégorique: l’institution ne sera pas mise en place ailleurs qu’au centre-sud-ouest de la province. Selon l’une des études qui avaient été menées alors que le projet était toujours embryonnaire, « le besoin en services universitaires de langue française se trouve à Toronto et au centre-sud-ouest ».

Le tiers des francophones de la province habitent à Toronto, remarque Mme Adam, mais ceux-ci n’ont accès qu’à environ 3% des programmes universitaires de langue française ou bilingues. « L’Est ontarien, pour l’instant, n’est pas nécessairement une priorité, et ce n’est pas là qu’il y a le plus gros de la clientèle qu’on désire atteindre. »

Elle ajoute que les trois universités qui offrent des programmes en français à Ottawa, soit l’Université d’Ottawa, l’Université Saint-Paul et le Collège universitaire dominicain sont « très bien implantés dans la région de l’Est ontarien ».

Par contre, Mme Adam assure qu’elle n’exclut pas l’idée éventuelle d’envisager « des antennes ailleurs », une fois que l’UOF « sera dans une étape plus mature et qu’elle pourra développer et élargir ses programmes ».

L’idée ne date pas d’hier

La convoitise d’une institution post-secondaire bilingue à Cornwall ne date pas d’hier. En 2011, un comité d’une trentaine de personnes avait été formé afin d’attirer une université dans la municipalité.

La Ville de Cornwall a d’ailleurs déjà eu son campus universitaire, au début des années 1970.

À cette époque, un établissement satellite était relié à l’Université d’Ottawa.

Par contre, depuis 1993, l’enseignement se fait par correspondance et il est impossible d’obtenir un baccalauréat. « On a toujours un toujours un besoin d’avoir des options, juge la mairesse de Cornwall, Bernadette Clement. Nous, on est à côté du Québec, on a une proximité avec une province francophone. Il me semble que l’Est de l’Ontario, c’est intéressant à plusieurs niveaux. C’est plus abordable, il y a plus de place, et nous, on a besoin de plus de monde. »