Le Collège d'Alfred est la seule institution francophone de l'Ontario spécialisée en agriculture.

Lueur d'espoir pour le Collège d'Alfred

Les rumeurs de fermeture entourant le Collège d'Alfred se sont confirmées, hier. La direction de l'Université de Guelph a annoncé qu'elle allait mettre un terme aux six programmes d'enseignement francophone spécialisés en agriculture présentement offerts par l'établissement dès 2015, en raison de contraintes budgétaires.
« Les programmes qui sont offerts par l'Université de Guelph au campus d'Alfred (et au campus de Kemptville) vont se terminer en avril 2015. [...] Nous n'accepterons plus d'étudiant ici (à Alfred) », a indiqué Serge Desmarais, vice-recteur adjoint aux affaires académiques à l'Université de Guelph.
Ce dernier a toutefois précisé que tous les étudiants qui reçoivent présentement une formation pourront compléter leurs études et obtenir un diplôme reconnu.
La Cité et Boréal en renfort
Cette annonce ne signe cependant pas la mort du Collège d'Alfred. La Cité ainsi que le Collège Boréal se sont engagés hier « à collaborer pour le maintien d'une offre de programmes au Collège d'Alfred ».
« C'est un engagement formel de la part de La Cité envers le Collège d'Alfred. C'est même une situation d'opportunité pour nous. La Cité est tout à fait intéressée à s'engager afin de maintenir l'offre d'enseignement en français en Ontario », a déclaré la présidente de La Cité, Lise Bourgeois.
Mais un flou demeure à plusieurs égards notamment sur la manière dont la transition serait amorcée, sur les programmes qui seront offerts et sur le partage des responsabilités entre les deux collèges.
« On négocie présentement. Nous voulons offrir ce qu'on pourrait qualifier de : « programmes similaires ». Il y a encore beaucoup de pièces à rassembler, mais il y a une véritable volonté à réaliser ce projet », a commenté Jacqueline Gauthier, conseillère principale des communications et des relations publiques du Collège Boréal.
L'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) a critiqué le plan de sauvetage présenté qui, selon elle, est parsemé de zones grises.
« Un grand flou demeure et ce n'est pas très rassurant. J'ai hâte d'avoir des réponses officielles de la part du gouvernement, de La Cité ainsi que du Collège Boréal. Pour l'instant, on ne parle que d'engagement, mais rien de concret n'a encore été présenté. Ça m'étonne également que le gouvernement de l'Ontario, 24h après la diffusion des rumeurs de fermetures, n'ait pas réagi », a relancé Simon Durand, directeur-général de l'UCFO.
Hier, en fin de journée, le gouvernement de l'Ontario est sorti de son mutisme. Lors d'une entrevue accordée au Droit, le ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l'Ontario, Brad Duguid, a insisté sur l'indépendance des universités.
« L'Université de Guelph a pris la décision d'interrompre ses programmes au Collège d'Alfred et au campus de Kemptville indépendamment du gouvernement. Les universités sont indépendantes. Ceci dit, il faut souligner que le Collège d'Alfred ne fermera pas ses portes. [...] L'annonce de La Cité et du Collège Boréal est une bonne nouvelle pour les futurs étudiants d'Alfred, car tous deux offrent d'excellents programmes francophones. Par ailleurs, le gouvernement de l'Ontario a augmenté de 62 % le budget alloué aux programmes d'études en français depuis les dix dernières années », s'est défendu le ministre Brad Duguid.
Le Collège d'Alfred accueille présentement une soixantaine d'étudiants. Il représente la seule institution d'enseignement spécialisée en agriculture francophone de l'Ontario.