Un projet pilote de l’Hôpital d’Ottawa facilite la vie des patients en leur évitant des visites à l’urgence.

L’Hôpital d’Ottawa ouvre des horizons pour l’Est ontarien

Le projet pilote de télésurveillance du domicile pour les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) de l’Hôpital d’Ottawa permet aux patients de recevoir davantage de soins à la maison. En place depuis octobre 2018, ce programme pourrait élargir ses horizons et être offert à des patients de l’Est ontarien.

Depuis un peu plus de trois mois, les patients qui ont été traités à l’Hôpital d’Ottawa pour une maladie qui obstrue les poumons de façon chronique n’ont plus besoin de retourner régulièrement à l’urgence pour obtenir des soins.

Grâce à une petite machine portative, un patient peut connaître sa tension artérielle et la quantité d’oxygène qu’il a dans le sang. S’il ne va pas bien, ou si ses signes vitaux fluctuent, l’infirmière à l’hôpital en est immédiatement informée et peut lui donner des directives par téléphone.

L’infirmière praticienne peut aussi écrire des prescriptions aux patients et est en constante communication avec les spécialistes liés au dossier, tant avec les médecins qu’avec les pharmaciens, précise la directrice clinique et responsable des communications avec les patients atteints d’une MPOC, Sherry Daigle. « C’est un programme merveilleux, dit-elle. La fonction à distance a vraiment permis d’ouvrir des possibilités à des gens qui n’ont pas toujours la possibilité de se rendre physiquement à des rendez-vous. »

Le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain a procuré un financement ponctuel de 100 000 $ pour ce projet pilote. Il évaluera la viabilité du programme lorsqu’il sera terminé, en avril 2019.

Mme Daigle dit espérer que ce projet continue de prendre de l’expansion dans les régions avoisinantes. « Si le projet pilote obtient un financement supplémentaire, on aimerait vraiment pouvoir l’étendre dans l’Est ontarien. »

Maladies du cœur

Ce programme n’est pas nouveau à l’Hôpital d’Ottawa. Les moniteurs de télésurveillance à domicile ont été mis au point par l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, et sont déjà utilisés pour les patients atteints de troubles cardiaques.

Depuis que ces derniers ont commencé à se servir des moniteurs à distance, le taux de réadmission après 30 jours à l’hôpital a diminué de 54 %. « Nous avons saisi l’occasion de renforcer un programme existant et réussi de télésurveillance à domicile des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque chronique (...). Il était logique d’élargir cette approche couronnée de succès afin de soigner les personnes atteintes de la MPOC dans notre région », observe la spécialiste principale de l’intégration au RLISS de Champlain, Leah Bartlett.

Plusieurs admissions à la salle d’urgence requièrent un lit d’hôpital. Mme Daigle soutient que le programme de télésurveillance du domicile permet la réduction de l’utilisation de ces lits. Les économies spécifiques liées au programme ne seront disponibles qu’à la fin du projet pilote. Or, « jusqu’à présent, les indications sont que les résultats sont vraiment positifs pour l’Hôpital d’Ottawa ».