Plusieurs personnes se sont rassemblées devant la pierre installée en mémoire des femmes victimes de violence.

L’Est ontarien se rappelle

Les communautés est-ontariennes se sont réunies à trois endroits différents, jeudi, pour célébrer la journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Le 6 décembre est aussi la journée de non-violence dans les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR).

Le 6 décembre fait partie des 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe. Cette période débute le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se conclut lors du 10 décembre, lors de la Journée des droits de la personne.

À Casselman, une quinzaine de personnes étaient rassemblées autour de la pierre installée en mémoire des femmes victimes de violence. La directrice générale du Centre Novas-CALACS francophone de Prescott-Russell, Anne Jutras, a nommé lors de cette vigile le nom des 14 victimes de la tuerie du 6 décembre 1989 à l’École polytechnique de Montréal. Ensuite, Mme Jutras a nommé « le nom de femmes qui sont décédées aussi tragiquement dans notre région, soit directement par leur conjoint, ou indirectement, par l’impact de la violence dans leur vie ».

Parmi celles-ci, le nom d’Emilie Maheu était le dernier sur la liste. Originaire de Cornwall, Emilie Maheu a été assassinée par son conjoint et retrouvée dans un champ de maïs, le 13 octobre dernier, dans le secteur de Glengarry.

« Le problème, c’est que parfois, ça reste dans la communauté proche de cette femme-là. La nouvelle de sa mort n’a pas pris d’élan en dehors de la communauté, alors qu’on devrait tous s’indigner face à une situation comme celle-là », dénonce Mme Jutras.

« Il faut qu’on en parle, mais les gens ont encore trop peur. On a peur aussi de mettre le mot violence conjugale dessus. C’était son partenaire, cet homme-là. Ce n’était pas son voisin. Tant qu’on n’aura pas atteint cette conversation-là, ça va encore se passer. »

Celle qui est aussi la vice-présidente d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes croit que malgré la montée du mouvement #Moiaussi, il reste encore beaucoup de travail.

« L’impact de ce mouvement s’est fait sentir un peu partout, mais il y a encore trop de femmes qui vivent dans le silence, la conséquence de la violence. Toutes nos actions peuvent faire la différence. »

Mme Jutras invite les membres de la communauté à devenir des alliés dans l’effort pour lutter contre la violence faite aux femmes, grâce à de simples gestes.

« Si une femme vous approche, écoutez, sans jugement, juste avec vos oreilles. Croyez les femmes qui dénoncent. Ce n’est pas par plaisir qu’elles dénoncent. C’est un acte courageux, c’est un acte difficile, c’est un acte où il y a beaucoup de barrières. Donc, si elle vous fait assez confiance pour dénoncer, s’il-vous plaît, croyez-la », implore-t-elle.

« Et à votre tour, dénoncez. Ajoutez votre voix, par de petits actes. Quand quelqu’un fait une blague sexiste, ou quand quelqu’un pose un acte et que vous savez que ce n’est pas correct, dénoncez. Vous pouvez le faire aussi sur les réseaux sociaux. Dénoncez une parole, un commentaire, une publicité sexiste, n’importe quoi. Parce que c’est comme ça, comme communauté, que chacun d’entre nous va faire la différence. »

Des vigiles ont aussi été organisées aux pierres installées en mémoire des femmes victimes de violence à Clarence-Rockland et à Hawkesbury.