À Champlain, 63 % des électeurs ont utilisé leur droit de vote lundi dernier. Du côté de Casselman, 61% des citoyens ont votés.

L’Est ontarien a voté en grand nombre

Le taux de participation est souvent source de déception lors d’élections municipales. La moyenne ontarienne se situe autour de 40 % depuis les années 80. L’Est ontarien semble pourtant épargné du désamour de ses urnes cette année, avec une moyenne de 48 %. Deux municipalités de la région, Champlain et Casselman, en sont sorties grandes gagnantes lors des dernières élections municipales.

63 % des électeurs de Champlain ont voté, en ligne ou par téléphone, lors des élections municipales du 22 octobre. Cela représente une hausse de 19 % comparativement aux élections de 2014. C’est presque autant qu’aux fédérales de 2015. Selon la greffière de la municipalité Alison Collard, cette augmentation est entre autres due à un vent de changement au sein du conseil. 

« C’est la première fois depuis 1997 qu’il y a élection pour un maire. Habituellement, personne ne se présente et il est élu par acclamation. Depuis les années 2000, c’est la plus grosse élection qu’on a eue », a indiqué Mme Collard.

La greffière de Champlain est également d’avis que le vote par Internet en est pour quelque chose. « Avant, on avait seulement le vote par téléphone. Depuis 2003, on peut voter par Internet. Peut-être que c’est plus accessible pour les gens », avance-t-elle. 

À Casselman, les résultats sont encore plus impressionnants : Seulement 39 % des électeurs n’ont pas voté. Donnée surprenante, puisque le maire du village avait déjà été élu par acclamation. Cela signifie que 61 % de la population s’est rendue aux urnes uniquement pour l’élection du conseil municipal et des conseils scolaires francophones. 

La professeure et spécialiste de politique municipale à l’Université d’Ottawa Caroline Andrew associe cet engouement pour les élections municipales à celui qu’ont les électeurs pour leur communauté. « Dans les petites communautés, le quartier devient important pour les gens, les services locaux comme les parcs deviennent importants pour cette partie de la population. Les jeunes familles et les personnes âgées tiennent à rester à Casselman, constate Mme Andrew, et à mesure que les gens vieillissent, ils deviennent dépendants de ces services »

Celle-ci souligne aussi les craintes que les électeurs puissent avoir face aux menaces du gouvernement Ford de réduire les conseils municipaux de la province. « Le contexte ontarien a rendu les gens plus sensibles avec la possibilité d’une absence des services locaux. Ce seraient des services qui ne correspondent pas », explique-t-elle.

Pour le greffier de Casselman, Sébastien Dion, le haut taux de participation dans son village est expliqué par la publicité. « Le village a mis de la promotion dans les journaux locaux, a envoyé des messages texte pour rappeler de venir voter à l’Hôtel-de-Ville pour les gens qui n’ont pas reçu leur lettre. Les conseillers municipaux aussi ont été très actifs, ils ont fait beaucoup de porte-à-porte et de promotion », soutient-il. 

Toujours dans l’Est ontarien, les Hawkesburiens sont troisièmes au podium du plus haut taux de participation, à 52 %. Cornwall est la ville de l’Est ontarien où les électeurs se sont le moins prononcés, avec un taux de 38 %. C’est aussi l’une des seules municipalités où le vote par Internet n’est pas disponible.