Émilie Morin et Adam Leclerc, deux élèves de l’Académie de la Seigneurie, ont contribué à construire l’habitat des poules et s’occupent d’elles régulièrement.

Les «poules de luxe» de Casselman

Une école secondaire de Casselman, dans l’Est ontarien, est devenue mercredi la première de la région à accueillir un poulailler dans sa cour.

«On les appelle nos poules de luxe», a lancé à la blague la directrice de l’Académie de la Seigneurie, une école élémentaire et secondaire publique de Casselman, Renée Belhumeur, lors de l’inauguration du poulailler.

L’enclos des poules, construit par les élèves, contient un espace vert ainsi qu’une cabane chauffée munie d’un plancher en tuiles de céramique récupérées.

«C’est un poulailler impressionnant. C’est important pour nous de leur offrir une belle vie, qu’elles soient bien dans leur enclos.»

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Pour les élèves, il s’agit d’un bon moyen d’apprendre les rudiments des métiers de charpentier et d’agriculteur, de même que de développer des responsabilités plus manuelles, a remarqué le conseiller municipal Paul Groulx.

Dans un village comme celui de Casselman, entouré de terres agricoles, «ce type d’apprentissages est important», a-t-il ajouté.

Les embûches

Il faut dire que ce projet de poulailler aura pris trois ans avant de s’officialiser.

D’abord, il avait fallu convaincre le conseil municipal ainsi que le maire de l’époque, Conrad Lamadeleine. À Casselman, les règlements municipaux ne permettaient pas de garder ou d’élever de la volaille au sein du village. Plusieurs mois de discussions ont d’ailleurs été nécessaires pour aller de l’avant. Un changement de zonage avait finalement permis à l’Académie de la Seigneurie de procéder avec ce projet pilote.

Ensuite, il fallait aussi vendre le projet au conseil scolaire, a indiqué la directrice Renée Belhumeur. «Ce n’est pas quelque chose d’habituel d’avoir des poules dans une école. Il a entre autres fallu leur expliquer ce qu’on allait faire à l’été, puisque l’école ne dure pas 12 mois, et quelles sortes de poules nous allions utiliser, des poules qui peuvent survivre à nos hivers ardus.»

Dans le cadre du programme de la majeure haute spécialisation (MHS) en agriculture, l’Académie de la Seigneurie est déjà l’hôte d’un potager, dans lequel les élèves font pousser des légumes. À l’automne, ceux-ci cultiveront ce qu’ils ont planté et apprendront diverses recettes à cuisiner. Le même principe s’appliquera avec les oeufs pondus par les poules.

Mme Belhumeur a également annoncé que son école accueillera bientôt des ruches d’abeilles, permettant aux élèves d’apprendre une tout autre forme d’élevage.