Les élèves de l’école Rose des Vents, à Cornwall, ont participé au projet Les Haut-Parleurs du théâtre de la Vieille 17.

Les Haut-Parleurs: les élèves s’expriment à voix haute

En branle depuis deux ans, le projet Les Haut-Parleurs du théâtre de la Vieille 17 vise à encourager la lecture à voix haute chez les élèves des écoles en région éloignée ou rurale. Le Droit a rencontré l’une des animatrices lors de son passage à l’école élémentaire publique Rose des Vents, à Cornwall.

Devant la classe de première année, Chloé Tremblay apprend aux élèves à exprimer oralement les onomatopées, ces mots qui traduisent des sons. « On apprend entre autres le souffle, le rythme, on fait de la gestuelle, des sons et des actions pour compléter la lecture », note la comédienne et marionnettiste.

C’est l’un des moyens qu’elle utilise pour faire apprécier la lecture à voix haute à ces élèves issus de milieux qui sont souvent majoritairement anglophones. « Il y a beaucoup d’activités et j’aime beaucoup », affirme Hajar Bouabid, élève de première année qui a assisté à l’atelier de Mme Tremblay.

« Ma partie préférée est celle où on pratique nos gestes. Mon préféré est le mot ‘plouf’ », déclare la fillette.

L’engouement de Hajar pour cet atelier est l’une des raisons qui ont poussé le Théâtre La Vieille 17 à offrir cette activité. Le projet Haut-Parleurs a pour objectif d’initier les élèves de la province, de la 1ère à la 12e année, aux plaisirs de la lecture à voix haute, « et de leur faire découvrir un texte littéraire par diverses techniques théâtrales ». Les ateliers sont tous animés par des comédiens professionnels franco-ontariens, et les textes lus sont composés spécifiquement pour ce projet, par des auteurs franco-ontariens.

Selon Mme Tremblay, il existe un réel besoin pour ce type de formation en Ontario. « Ça leur donne une autre vision de la langue. Étant parfois issus de milieux anglophones, peut-être que ça leur donne espoir et ça peut les inspirer. [...] Ça leur permet de reconnaître leur culture, de savoir que même s’ils évoluent dans un milieu anglophone, il n’y a pas de raison pourquoi ils ne pourraient pas continuer à évoluer en français. »

Jusqu’à présent, la tournée des Haut-Parleurs est passée par Casselman, Hawkesbury et Cornwall. Les prochains arrêts seront à Merrickville, à Pembroke et à Kingston.

Les professeurs apprécient eux aussi ces ateliers dans leurs classes. « [Les animateurs] respectent beaucoup les besoins des enfants. On bouge beaucoup, ils développent leur vocabulaire, ils apprennent des mots qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont vraiment pu utiliser tous leurs sens », souligne l’enseignante Michèle Racicot.

« Dans le processus d’apprentissage des jeunes, ça va toujours leur servir de pouvoir s’exprimer, remarque Mme Tremblay. Le français écrit et le français lu, c’est une chose, mais c’est une autre chose quand vient le temps de le parler. Ça encourage l’expression orale, le courage, la confiance personnelle, le dialogue. Ça leur fait découvrir des forces, des nouveaux mots. Ça favorise l’échange, la curiosité, ça va les encourager eux-mêmes à lire à voix haute à la maison. »