La députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard (au centre) a déposé la motion à Queen’s Park.

Les francophones identifiés sur leur carte Santé

Les francophones de l’Ontario pourront dorénavant identifier leur préférence linguistique sur leur carte Santé. La motion déposée par la députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, permettant de faire la collecte des données francophones et d’offrir des services plus adaptés aux francophones de la province, a été adoptée par unanimité à l’Assemblée législative de l’Ontario, jeudi.

À l’heure actuelle, dans le domaine de la santé, très peu de données concernant les francophones de l’Ontario sont recueillies. Amanda Simard est convaincue que cette période est résolue. « Actuellement, il n’y a pas de données que les chercheurs peuvent utiliser. Cette motion permettra au patient de fournir son identité linguistique dans un contexte propice, et non dans un moment de vulnérabilité », a affirmé Mme Simard, qui est aussi l’adjointe parlementaire à la ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Cette motion survient deux semaines après que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) ait publié son nouveau livre blanc en santé appuyant cette mesure. « Intégrer la langue à la carte Santé est la première étape vers un système de santé plus performant respectant davantage le contribuable et le patient », a souligné le président de l’AFO, Carol Jolin, dans un communiqué.

Selon Mme Simard, l’adoption de cette motion représente un scénario gagnant-gagnant. « D’un côté, on en sait plus sur le patient, il sera mieux servi, et d’un autre, ça permet au gouvernement de mieux planifier les ressources, de mieux adapter les services. »

L’opposition se questionne

Bien qu’elle ait voté en faveur de la motion, la porte-parole de l’opposition officielle, France Gélinas, a tout de même quelques réserves.

La motion préconise que « le gouvernement de l’Ontario intègre des données d’identité linguistique pour les deux langues officielles du Canada sur la carte Santé de l’Ontario ; et que le gouvernement de l’Ontario respecte les contribuables en maximisant le potentiel des ressources humaines et financières investies, et la qualité des soins grâce à l’utilisation de ces données. »

La députée néo-démocrate est d’avis que l’identification francophone sur la carte Santé est « merveilleuse ». Mais selon elle, tout laisse à croire que cette deuxième clause pourrait amener à une privatisation du système de santé pour les francophones.

« Pourquoi ne s’est-elle pas arrêtée à la première phrase ? Elle a choisi d’ajouter cette deuxième phrase de la motion. Pour les conservateurs, ‘maximiser le potentiel des ressources’ veut dire qu’on pourrait aller vers le secteur privé. Parce qu’on le sait, le secteur privé, selon les conservateurs, fait toujours tout plus vite, moins cher », dénonce Mme Gélinas.

Pour sa part, Mme Simard est catégorique, la privatisation des services de santé n’est pas l’intention. « Non, on ne parle pas de privatisation, ce n’est pas le but. Le but, c’est la collecte des données. Si on n’avait pas mis cette deuxième partie, les gens se seraient demandé pourquoi on souhaite capturer la langue », se défend la députée de Glengarry-Prescott-Russell.