Les Franco-Ontariens souhaitent oser

La francophonie ontarienne a souligné l'implication de six de ses ambassadeurs samedi soir, lors du 16e Banquet de la francophonie de Prescott et Russell. La controverse entourant la fermeture du campus d'Alfred de l'Université de Guelph, le sujet de l'heure en matière de francophonie dans l'Est ontarien, ne se sera finalement pas invitée à la table d'honneur du gala, pour laisser toute la place aux lauréats.
« Osez, osez et encore osez », c'est le message que les récipiendaires de l'Ordre de la francophonie de cette année ont scandé presque à l'unisson.
« Osons demander le service en français, osons parler en français sur les médias sociaux, osons imposer nos droits », a lancé Nicole Charbonneau, celle qui n'a pas compté ses heures tant au sein de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) de Prescott et Russell que pour la troupe francophone L'Écho d'un peuple.
Université franco-ontarienne
Même l'invité d'honneur, l'avocat Ronald Caza, a martelé le message lors d'un discours empreint de fougue, avec l'intensité qu'on lui connaît.
« Osons notre francophonie. Regardons le portrait de manière réaliste. Il y a eu un temps où la communauté francophone s'est prise en main et s'est dite : "Ça nous prend des écoles francophones." Et nous avons obtenu nos écoles ; au départ nos écoles primaires, ensuite secondaires et même nos collèges. C'est ça oser sa francophonie. Maintenant, oser notre francophonie serait d'avoir notre université franco-ontarienne », a lancé le réputé avocat spécialisé en droit des minorités, le poing levé.
François Bazinet, enseignant de formation, entre autres impliqué dans le projet de monument de la francophonie de Cornwall et au sein du projet du projet du Village d'antan franco-ontarien, a également reçu l'Ordre de la francophonie de Prescott et Russell.
Louise Lalonde, dévouée depuis 25 ans pour la cause de l'alphabétisation au centre Moi j'apprends, figurait également parmi les nominés, de même que Gilles Gratton, vétérinaire de profession, impliqué dans la création du campus d'Alfred de l'Université de Guelph.
Le Collège d'Alfred
Si le débat sur la fermeture d'Alfred ne s'est pas invité à la table d'honneur, il a quand même répondu présent pendant la soirée. Gilles Gratton n'a pas manqué de ramener l'enjeu sur la table. « Il faut aider la relève agricole. Je suis heureux de voir que le Collège d'Alfred se retrouvera peut-être sous la tutelle d'autres institutions francophones », a-t-il dit.
L'Université de Guelph a récemment annoncé la fermeture de deux de ses institutions satellites d'enseignement en agriculture, dont le campus d'Alfred et celui de Camptville. Le collège La Cité et le Collège Boréal ont annoncé qu'ils allaient assurer le maintien de certains programmes offerts au campus d'Alfred.
Le Banquet de la francophonie de Prescott et Russell tient aussi à souligner l'implication des jeunes pour la francophonie. Cette année, Jean-Philippe Héroux, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), s'est mérité le prix jeunesse Thomas-Godefroy.
Gabrielle Goulet, auteure-compositrice-interprète originaire du village de Bourget, a reçu les mêmes honneurs.