La population de l’Est ontarien est majoritairement francophone, et les fermiers de cette région rurale ne font pas exception.

Les fermiers francos ajoutent leur voix

L’Union nationale des fermiers (UNF) exige que le gouvernement Ford revienne sur sa décision de couper dans les services en français. Par voie de communiqué, l’UNF « s’adresse au gouvernement de l’Ontario pour exiger le respect des améliorations et de la culture que les Franco-Ontariens ont apportées à notre société ».

Membre du conseil d’administration pour l’UNF en Ontario, Marcelle Paulin, lance un cri du cœur au premier ministre Doug Ford afin qu’il remette en place le poste indépendant du commissaire aux services en français. « Nous sommes un pays bilingue, pas juste anglophone. Nous nous considérons égaux, alors les services linguistiques doivent le refléter. » 

Bien que l’Union nationale des fermiers est une entité bilingue, les francophones de partout au Canada peuvent compter sur le soutien et la solidarité de l’organisme, affirme Mme Paulin, qui est aussi fermière au nord de l’Ontario. 

Pour le directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Simon Durand, toute cette situation concernant les coupes dans les services en français est déplorable. « Le Commissariat des services en français, c’était des ressources qui permettait de faire des plaintes anonymes. En agriculture, nos membres sont des femmes et des hommes d’affaires, l’aspect de la performance et de la qualité du service est absolument crucial. »

« Les fermiers ont des besoins spécifiques, encore plus les fermiers francophones », affirme Mme Paulin, qui est convaincue que d’offrir des services aux agriculteurs dans leur langue de choix est primordial pour favoriser une croissance économique. Celle-ci s’insurge en pensant à la « véritable gifle au visage  que Doug Ford a administré aux Franco-Ontariens. 

Par ailleurs, la population de l’Est ontarien est majoritairement francophone, et les fermiers de cette région rurale ne font pas exception. «Je pense que si les nombreux producteurs francophones de la région n’ont pas accès à ces services en français, ça crée une barrière à leur succès. Ça les empêche de participer pleinement à l’agriculture dans leur province.»

Pour M. Durand, la frustration que vivent les agriculteurs franco-ontariens est la même que celle de l’ensemble de la population. «C’est sûr que nos agriculteurs sont pères et mères de familles, les enfants vont aller à l’école, ils vont consommer en français. Nos revendications sont les mêmes que l’ensemble de la communauté, mais avec une touche entrepreneuriale supplémentaire.»

Le président de l’UCFO, Marc Quesnel, rencontrera les membres de l’Assemblée de la francophonie ontarienne vendredi pour discuter des différents enjeux.