Le conseiller André J. Lalonde s'oppose à la privatisation du service de transports en commun CR Transpo.

Les élus de Clarence-Rockland songent à privatiser CR Transpo

Les élus de Clarence-Rockland songent à privatiser le service de transports en commun CR Transpo.

Une proposition sera probablement adoptée, selon les dires du conseiller André J. Lalonde. Responsable du dossier de CR Transpo au sein du conseil de la ville, M. Lalonde s’oppose pour sa part à la privatisation du service de transports en commun. 

Il aurait préféré la conception d’un plan afin de bonifier l’offre de CR Transpo, plutôt que d’abandonner son financement. « Avec les années, le service de transports en commun n’a pas évolué. Avec l’augmentation des frais, les gens l’ont délaissé », regrette-t-il. 

Lui-même utilisateur du service, M. Lalonde remarque que CR Transpo était confronté à une diminution des utilisateurs depuis les huit dernières années. « On a déjà été à 800 utilisateurs, rappelle-t-il, à l’époque où les coûts étaient moindres, c’est-à-dire autour de 175 $ (pour un laissez-passer mensuel), au lieu des 243 $ d’aujourd’hui. Et la part municipale était bien plus élevée. »

Actuellement, CR Transpo dessert environ 350 utilisateurs. 

Le conseiller Lalonde affirme que l’absence de ce service compliquerait la vie de bien des résidents de Clarence-Rockland qui travaillent à Ottawa ou à Gatineau. « La qualité de ce transport, c’est que les gens ne sont pas obligés de faire des transferts. Sans ça, ceux qui travaillent à Gatineau, par exemple, devraient prendre leur voiture et la stationner à Orléans, prendre un autobus pour se rendre à la station Blair, monter à bord du O-train pour se rendre au centre-ville, et ensuite prendre un autre autobus jusqu’à l’autre côté de la rivière. Ce n’est pas une situation idéale. »

Celui-ci souligne aussi que sans CR Transpo, « On ajoute des voitures sur la route, ce qui fait plus de trafic ». D’après M. Lalonde, le fait d’être pris dans la circulation encourage les gens à faire leurs emplettes à Ottawa plutôt qu’à Clarence-Rockland, afin d’éviter l’heure de pointe. 

Le contrat des autobus Leduc Bus Line arrivera à échéance en août 2019. Toutefois, le propriétaire de l’entreprise aurait communiqué un certain intérêt à M. Lalonde de poursuivre ses services à Clarence-Rockland, même si ce n’est plus la ville qui assure les coûts du service de transport.

Un impact pour les entreprises ?

Mario Lalonde, propriétaire de Son X Plus, une entreprise spécialisée en domotique à Clarence-Rockland, craint l’impact que pourrait avoir l’annulation de CR Transpo sur la circulation. « 80 % de nos activités sont dirigées vers Ottawa. Si ça fait plus de trafic, ça va nous affecter. »

À son avis, la privatisation du service de transports en commun serait une excellente nouvelle. « C’est tout simplement logique, puisque c’est un service qui est offert à un tout petit pourcentage de la population », croit Mario Lalonde. 

Pour sa part, l’agente immobilière Geneviève Landry s’inquiète de voir le nombre de voitures circulant sur la route 17/174 augmenter si le service de transports en commun est coupé par la municipalité. « Je comprends que la municipalité semble faire un déficit avec le service d’autobus, mais ça représenterait quand même au moins 150 voitures de plus, et ça, c’est si tout le monde faisait du covoiturage. Sans covoiturage, c’est 300 voitures de plus sur le chemin. »

Quant à la vente de propriétés, Mme Landry affirme qu’une municipalité qui offre un service de transports en commun, c’est un bon argument de vente. « C’est un atout quand on vend une propriété. Je ne pourrai pas annoncer un service d’autobus (sur les maisons à vendre) jusqu’à ce que ça s’éclaircisse. C’est vraiment dommage. »

Le budget devrait être adopté lors de la prochaine réunion du conseil municipal, le mercredi 20 février.