Les gens étant davantage à la maison en raison de la COVID-19, ce sont plutôt les piscines domiciliaires qui se retrouvent cet été dans les zones à risque.
Les gens étant davantage à la maison en raison de la COVID-19, ce sont plutôt les piscines domiciliaires qui se retrouvent cet été dans les zones à risque.

Les baigneurs téméraires inquiètent en Ontario

La Société de sauvetage de l’Ontario a rapporté 40 noyades dans la province en date du 13 juillet 2020, soit le même nombre qu’à pareille date en 2019. Mais les restrictions entourant la COVID-19 continuent de donner du fil à retordre aux baigneurs, ce qui inquiète des responsables de la prévention des noyades.

La majorité des noyades ont habituellement lieu dans des endroits où l’eau est publique comme les lacs, les piscines publiques ou les étangs, souligne le chef des programmes nationaux au Conseil canadien de la sécurité, Lewis Smith. Les gens étant davantage à la maison en raison de la COVID-19, ce sont plutôt les piscines domiciliaires et les baignoires qui se retrouvent cet été dans les zones à risque. « Ça apporte de nouveaux défis qu’on ne voit pas habituellement. » 

La municipalité d’Alfred et Plantagenet, dans l’Est ontarien, a donc mis les bouchées doubles pour sensibiliser sa population au risque de la noyade à la maison. « On a fait des visites à domicile et on s’est assuré que les piscines des citoyens étaient sécuritaires et réglementaires pour justement répondre à cet afflux de baignades là », assure pour sa part le directeur des loisirs de la municipalité, Ken St-Denis.


« 31 % des noyades sont dues à des baignades dans des lieux non désignés ou non surveillés pour la natation »
Ken St-Denis, directeur des loisirs de Plantagenet

Que la pointe de l’iceberg

La noyade à domicile n’est cependant pas la seule source d’inquiétude. Afin de respecter la distanciation sociale, la piscine publique d’Alfred et Plantagenet ne peut accueillir que 25 % du nombre de baigneurs habituel. « On fonctionne quand même à deux sauveteurs, ce qui veut dire 60 baigneurs. Mais en ayant une capacité maximale de 15 baigneurs en ce moment, on a beaucoup de supervision pour, si on veut, peu d’utilisateurs. »

Si cette situation peut sembler rassurante, la réalité est tout autre. Avec ces limitations en place, les gens ont davantage tendance à vouloir s’aventurer dans des lieux sans surveillance. « Alfred et Plantagenet est quand même une municipalité qui est en bordure de la rivière des Outaouais, on a plusieurs descentes de bateaux, la marina de Lefaivre ou à Wendover. Ce n’est pas rare de voir des gens aller se baigner à la rivière », réitère M. St-Denis. 

Pour Lewis Smith, il est là le plus gros du problème. « 31 % des noyades sont dues à des baignades dans des lieux non désignés ou non surveillés pour la natation. Quand les gens ne font pas beaucoup attention à leur sécurité, c’est malheureusement là ou on voit les tragédies, avec le manque de surveillance. »

Le gilet de sauvetage toujours marginal

M. Smith demeure d’avis que plusieurs noyades aux endroits non surveillés pourraient être évitées si les baigneurs portaient automatiquement leurs gilets de sauvetage. Mais sur le terrain, cette pratique est encore loin d’être monnaie courante. Selon lui, 88 % des noyades chez les jeunes adultes et 78 % des noyades chez les adultes sont causées par l’absence du gilet de sauvetage. 

Ce nombre se chiffre à 81 % lorsqu’on parle des plaisanciers. « Les gens ne se voient pas dans les statistiques. » 

Si le port du gilet de sauvetage devenait un automatisme, comme la ceinture de sécurité en voiture, bon nombre de drames pourraient et auraient pu être évités, conclut-il.