À compter du 4 juin, les paramédics des Comtés unis de Prescott et Russell ne répondront plus aux appels d’Ottawa.

Les ambulances des CUPR ne répondront plus aux appels d’Ottawa

Les ambulanciers paramédicaux des Comtés unis de Prescott-Russell (CUPR) éteindront dorénavant leurs émetteurs radio durant leur retour d’Ottawa vers leur territoire.

Les services d’urgence de Prescott-Russell mettront en place ce moyen de pression à compter du 4 juin afin de demander au gouvernement provincial de trouver une solution au nombre élevé d’appels qu’ils reçoivent des villes avoisinantes.

Depuis 2016, ces dernières ne sont plus tenues de payer pour les services d’urgence des autres territoires.

À force de répondre à des appels d’urgence à Ottawa et à Cornwall, les services paramédicaux de Prescott-Russell perdent jusqu’à 1,5 million $ par année.

Or, pour le directeur des Services d’urgence de Prescott-Russell, Michel Chrétien, il ne s’agit pas seulement d’un problème financier.

« C’est le fait aussi qu’on n’offre pas le même service. Moi, je fais mon plan selon mon volume d’appels, le nombre de véhicules que j’ai, pour répondre à la population que j’ai. Mais quand j’en perds plusieurs à Ottawa, ça déséquilibre complètement mon système. C’est très frustrant. »

Mais ce qui est encore plus frustrant, c’est que personne ne semble s’intéresser à ce problème, juge M. Chrétien. « Ça fait trois ans qu’on tente de trouver une solution. Ottawa et le ministère de la Santé de l’Ontario ne coopèrent pas. Ils ne veulent pas travailler avec nous, ils ne nous répondent même pas. C’est pour ça qu’on a décidé d’augmenter la pression. »

L’arrivée du nouveau gouvernement provincial avait semé un peu d’espoir, puisque certains nouveaux élus avaient communiqué leur intérêt de se pencher sur ce dossier. Mais depuis le congrès de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (ROMA), en janvier, silence radio.

« Ils ne nous sont jamais revenus après ROMA. Ils n’ont jamais retourné nos appels, aucune réponse, ils ne répondent même pas à nos courriels. »

Amendes ?

Le directeur général des Services d’urgence indique que les CUPR sont prêts à défendre leur cause en justice, le cas échéant.

« Le ministère pourrait intervenir, ils ont des options. Ils pourraient nous mettre à l’amende, nous accuser de toutes sortes de choses. Je ne sais pas quelle stratégie ils vont prendre, mais nous, on est prêts. Les avocats ont été embauchés, on est convaincu qu’on a une raison d’être. Mais en fin de compte, on aimerait simplement qu’ils nous appellent, pour discuter, pour résonner, pour travailler ensemble. Au moins, répondez-nous. »

Ottawa

L’homologue de M. Chrétien à Ottawa a pour sa part tenu à préciser que ce conflit est entre Prescott-Russell et le ministère de la Santé de l’Ontario, et non avec la Ville d’Ottawa.

« Le ministère leur a dit que ce serait illégal. Nous, on observe, on ne participe pas à ce débat-là », a indiqué le directeur général des Services de protection et d’urgence de la Ville d’Ottawa, Anthony Di Monte.