Ben LeFort de la Fédération de l’Agriculture de l’Ontario.

Les agriculteurs veulent ralentir les hausses de taxe

Après plusieurs années de hausses importantes de la valeur des terrains agricoles, les agriculteurs des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) souhaitent freiner la hausse de la facture de taxe résultante.

Depuis 2013, la valeur des terrains agricoles dans les Comtés unis, établie par la Société d’Évaluation foncière des Municipalités (SEFM), a explosé de près de 84 %.

« Seuls les terrains agricoles ont connu une forte hausse de valeur, comparativement aux autres classes comme le résidentiel ou le commercial », a souligné Ben LeFort de la Fédération de l’Agriculture de l’Ontario (FAO), lors d’une présentation devant les maires des CUPR, cette semaine. Celui-ci précise notamment que la courbe du fardeau d’imposition sur les agriculteurs ne fait qu’augmenter, passant de 1,91 % en 2012 à une projection de 4,9 % en 2020. En 2017, les agriculteurs ont payé 189 000 $ en imposition de plus qu’en 2016, et en 2018, ils paieront 375 000 $ de plus.

« La contribution des fermiers aux revenus de taxes des CUPR a pratiquement doublé depuis 2012 », a ajouté souligne M. LeFort.

Afin de minimiser l’impact de la hausse de l’évaluation foncière, la FAO recommande au CUPR de réduire le ratio de la taxe agricole de 0,25 à 0,225 pour l’année 2019. Cette réduction n’entraînerait pas une baisse de la facture des agriculteurs, mais elle ralentirait l’augmentation de taxe.

« L’agriculture prédomine dans les CUPR. On veut préserver notre importance, mais pour ça il faut s’assurer que notre secteur a les bons outils pour avancer », a souligné pour sa part Réjean Pommainville de la FAO.

Pour la mairesse de Hawkesbury, Jeanne Charlebois, il est hors de question de modifier le ratio de taxe puisque les autres classes de propriété, principalement le secteur résidentiel, écoperont.

« Soyons honnêtes, le secteur résidentiel subirait le plus grand coût du changement. J’ai une population vieillissant qui arrive à peine à couvrir leurs dépenses. Il faut réaliser que couper ici va avoir un impact ailleurs. Il faut qu’il n’y ait que des gagnants là-dedans », a souligné Mme Charlebois.

Pour le maire de Clarence-Rockland, les agriculteurs doivent cogner à la bonne porte.

« Vous devriez cogner à la porte de la SEFM. Il faut leur dire d’arrêter d’augmenter vos valeurs de propriétés, et non de demander aux municipalités de baisser leur ratio parce que nos dépenses elles augmentent aussi », a souligné M. Desjardins.

Le conseil des CUPR entend d’ailleurs apporter ce dossier lors de la conférence de l’Association des municipalités de l’Ontario au mois d’août.