Des citoyens s’inquiètent de la fraude électorale et de la perte des électeurs plus âgés au détriment des plus jeunes.

Le vote par internet inquiète

À l’approche des élections municipales en Ontario le 22 octobre prochain, des citoyens de municipalités où il est possible de voter par internet s’inquiètent de la fraude électorale et de la perte des électeurs plus âgés au détriment des plus jeunes.

La ville de Markham, en Ontario, a été la première ville à permettre le vote par internet en 2003. Lors des dernières élections municipales en 2014, 97 municipalités de la province offraient la possibilité de voter par internet ou par téléphone. Les résidents reçoivent leur carte électorale par la poste, et sur cette carte se trouve un numéro d’identification personnel (NIP) à 16 chiffres qu’ils doivent utiliser pour voter.

Même si cette possibilité existe depuis déjà quelques années, certains électeurs sont inquiets face à leurs options. Dans la municipalité d’Alfred-Plantagenet, par exemple, où le vote a lieu uniquement par téléphone ou par internet, plusieurs électeurs rapportent avoir reçu le NIP de leurs enfants, qui n’habitent plus avec eux, ou celui d’anciens locataires.

« Je connais beaucoup de gens à qui ça arrive, et ils ne savent pas trop quoi faire avec ça », explique l’organisatrice de la récente présentation des candidats aux élections municipales d’Alfred-Plantagenet, Nathalie Duval.

Au conseil d’administration d’Alfred-Plantagenet, on explique que c’est à l’électeur d’informer la municipalité qu’il ne réside plus à cet endroit, et non le contraire. « Si un résident a reçu un formulaire qui ne lui est pas adressé, on lui indique de le retourner ou de nous appeler », mentionne la greffière adjointe du conseil d’administration d’Alfred-Plantagenet, Annie Rochefort.

Une deuxième mesure de sécurité est également en place pour prévenir ce genre de fraude électorale : la date de naissance. Après avoir inscrit son NIP à 16 chiffres, l’électeur doit entrer sa date de naissance afin de pouvoir procéder au vote.

Mme Duval s’inquiète d’ailleurs du fait que les parents et les propriétaires connaissent la date de naissance de leurs enfants ou de leurs locataires. « La loi sur les élections municipales prévoit qu’il est illégal de voter pour un autre. Le vote par procuration n’existe pas », rappelle Mme Rochefort.

Des inquiétudes pour les aînés

Parmi les craintes se trouvent aussi celles des personnes âgées, qui « auraient aimé pouvoir voter avec un X sur une feuille de papier », selon le candidat à la mairie d’Alfred-Plantagenet, Stéphane Sarrazin. Ce dernier raconte avoir reçu plusieurs commentaires de citoyens qui ont de la difficulté à inscrire leur vote par internet. « Pour certains, juste le NIP à 16 chiffres peut être beaucoup », déplore le candidat.

Pour les personnes qui ont de la difficulté à voter en ligne, il est possible de se rendre à l’hôtel de ville afin d’obtenir de l’assistance à l’ordinateur. M. Sarrazin est toutefois d’avis que le vote par internet permettra peut-être une plus grande participation, surtout chez les jeunes. « D’un autre côté, il faut dire que les jeunes vont peut-être plus s’impliquer, ça prend 30 secondes. On va gagner des jeunes, mais on va perdre des personnes âgées », lance-t-il, en ajoutant que la moyenne d’âge dans la municipalité est de 43 ans et qu’au conseil municipal, elle se situe à environ 60 ans. « Il ne faut pas perdre nos aînés », mentionne M. Sarrazin.

La plupart des municipalités de l’Est ontarien offrent le vote en ligne ou par téléphone, à l’exception de Cornwall, qui ne s’est pas dotée de cette technologie.