La compagnie emploie environ une quarantaine de conducteurs de berlines transportant principalement des élèves aux besoins spéciaux du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien.

Le nouveau salaire minimum ignoré chez Autobus Campeau

Les conducteurs de berlines de la compagnie Autobus Campeau dans l’Est ontarien attendent toujours d’être payés au nouveau salaire minimum de 14 $.

C’est le cas de Michel Ouellette, un employé de l’entreprise qui gagne toujours un salaire minimum de 11,60 $ de l’heure.

« Ce qui est choquant c’est que t’es en droit de recevoir le 14 $ et tu ne le reçois pas. C’est une question de principe. D’un côté, je comprends la compagnie qui doit générer des profits, mais elle aurait dû mieux prévoir la hausse du salaire minimum », a confié M. Ouellette.

Selon lui, le problème découle du fait que la compagnie aurait soumissionné trop bas auprès du Consortium de transport scolaire de l’Est, organisme qui assure le transport des élèves dans l’Est ontarien. Maintenant, la compagnie s’attend à obtenir un montant pour couvrir la hausse du salaire minimum.

D’ailleurs, un mémo d’Autobus Campeau envoyé aux conducteurs de berline indique ceci : « Nous tenons à vous aviser que tous les chauffeurs de berlines recevront une rétroaction à partir du 1er janvier 2018, dès que nous recevrons un ajustement financier de la part du Consortium. En effet, à ce jour aucun revenu supplémentaire n’a été offert aux transporteurs pour pallier à l’augmentation du salaire minimum ».

« Selon moi, ce n’est pas au Consortium de payer parce que ce n’est pas notre employeur, déplore M. Ouellette. La compagnie Campeau savait pourtant que la hausse du salaire s’en venait ».

La compagnie emploie environ une quarantaine de conducteurs de berlines transportant principalement des élèves aux besoins spéciaux du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien. Les conducteurs d’autobus scolaires réguliers ne sont pas touchés par le conflit puisque leur salaire dépasse déjà les 14 $ l’heure.

Michel Ouellette a déposé une plainte à la mi-janvier auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario. Le conducteur de Clarence-Rockland est à la retraite, mais travaille à temps partiel pour la compagnie depuis quatre ans. Ce revenu supplémentaire lui permet de respirer un peu mieux.

« La majorité des conducteurs sont des gens retraités. Pour moi, ça représente un revenu pour mes dépenses personnelles, mais pour d’autres, c’est pour payer leur loyer, l’électricité, la nourriture, etc. »

Totalement interdit
Selon Gilles LeVasseur professeur de droit à l’Université d’Ottawa et spécialiste des relations de travail, les agissements de la compagnie enfreignent la loi.

« C’est contraire aux principes. C’est à l’employeur de trouver les moyens de financer ses opérations et ce n’est pas à l’employé à subir les conséquences d’un problème financier », a souligné M. LeVasseur.

Celui-ci avertit d’ailleurs l’employeur de résoudre le problème dans les plus brefs délais.

« Si une plainte formelle est déposée, ça donne le pouvoir au ministère du Travail de rentrer et de faire la vérification des dossiers de ressources humaines », précise M. LeVasseur.

Le Droit a tenté d’obtenir des commentaires de la compagnie Autobus Campeau et du Consortium de transport scolaire de l’Est. Ceux-ci n’avaient pas rappelé au moment d’écrire ces lignes.