Le peu de précipitations reçues cette saison inquiète certains fermiers de l'Est ontarien.
Le peu de précipitations reçues cette saison inquiète certains fermiers de l'Est ontarien.

Le manque de précipitations «est très inquiétant» pour les agriculteurs de l'Est ontarien

Le manque de précipitations des dernières semaines donne du fil à retordre aux agriculteurs de l’Est ontarien, qui semblent encore loin d’être sortis d’affaires.

Selon Environnement Canada, la quantité de précipitations tombée à l’Aéroport international d’Ottawa au mois de juin 2019 était de 111,4 mm au total. Jusqu’à présent, moins de 68 mm de pluie sont tombés en juin 2020, avec seulement quelques jours à faire avant la fin du mois. C’est un manque à gagner de plus de 40 mm.

«C’est très inquiétant. [...] L’an passé, on avait bénéficié d’un printemps chaud et pluvieux. Cette année, le mix n’est pas beau. C’était très froid au mois de mai et très sec au mois de juin. Ce n’est pas favorable à la croissance, que ce soit les fourrages, les foins ou les céréales», explique le directeur de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Danik Lafond. «Concernant les céréales, ce qu’on voit c’est que les plantes ont tendance à reculer. C’est comme si elles tombaient un peu en dormance. Elles arrêtent de croître, elles arrêtent de progresser, parce que le manque d’eau est trop criant».

«Il faut qu’il pleuve. Tu te promènes, tu commences à regarder les feuilles et ça n’augure pas bien. Normalement, on a une bonne pluie environ une fois par semaine, là, tous nos gazons c’est tout jaune», s’inquiète Robert Poirier, propriétaire de la ferme les Fruits du Poirier, à Saint-Eugène.

Le propriétaire de la ferme les Fruits du Poirier, à Saint-Eugène, Robert Poirier

M. Poirier peut s’estimer chanceux. Il est parmi les rares agriculteurs à avoir accès à des installations qui lui permettent d’arroser ses 23 acres de plantations et d’arbres fruitiers. «Nous avons trois petits lacs artificiels pour les urgences. Ils ont beaucoup été sollicités. Si je n’avais pas ça, je serais dans le trouble», indique-t-il.

Mais même ses lacs ne constituent pas une solution miracle viable à long terme. «On a assez de tuyauterie pour tout irriguer, mais ça demande une personne quasiment à plein temps. C’est énormément d’ouvrage parce qu’il faut toujours aller voir les plantes. Ça [crée] beaucoup de stress». Qui plus est, cette méthode d’irrigation n’est pas garant de succès pour toutes les sortes de plantations. «Si on pense au maïs sucré, il y a des productions qui ne sont pas nécessairement équipées pour faire de l’irrigation, pour arroser. Il va avoir des effets très importants et il y a sûrement des entreprises agricoles qui sont très à risque», ajoute Danik Lafond.

Dame Nature a néanmoins semblé se montrer plus clémente au cours des derniers jours, alors que le mercure a rejoint ses valeurs plus saisonnières, mettant fin à la deuxième canicule de l’année. Mais les averses de pluie substantielles se font toujours attendre. «Nous, on doit continuer à arroser pareil. On espère que ça va revenir à la normale bientôt», soulève M. Poirier. Il faudrait au minimum de la pluie aux trois jours ou une grosse pluie par semaine [pour être sortis d’affaires]».