Le commerçant Jean-Serge Brisson.

Le débat sur l'affichage bilingue relancé

Le débat sur l'affichage bilingue est relancé dans l'Est ontarien.
La sortie de l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) de Prescott-Russell voulant que toutes les municipalités des Comtés unis forcent les commerçants à s'afficher dans les deux langues a eu l'effet d'un pavé dans la mare. Ce week-end, l'ACFO locale a promis d'augmenter la pression sur les quatre municipalités de la région qui n'ont pas adopté de règlement en ce sens (Alfred-Plantagenet, Champlain, Hawkesbury-Est et Hawkesbury). L'association se donne 18 mois pour mettre son plan en action.
Les réactions ne se sont pas fait attendre.
Jean-Serge Brisson, le commerçant d'Embrun qui a tenté de faire invalider le règlement sur l'affichage bilingue de Russell, a qualifié ces démarches de nuisibles pour les francophones de la région.
«Ces quatre municipalités de l'est de Prescott-Russell sont les plus francophones de la région. Donc, là, on vient dire à ces francophones qui ne sont plus francophones, mais bilingues. C'est bien ironique...», a lancé le commerçant.
De son côté, l'ACFO de Prescott-Russell soutient que sa position est légitime. Elle vise à assurer la survie et la vitalité de la francophonie alors que d'importants changements démographiques s'observent dans la région.
«Il y a quelques années, dans certaines municipalités, le besoin d'un règlement sur l'affichage bilingue ne se faisait peut-être pas sentir. Mais les gens commencent à réaliser que le contexte démographique change. Les gens ont plus de difficulté qu'avant à se faire servir en français. C'est une réalité qui a été démontrée», note Nathalie Ladouceur, coprésidente de l'ACFO de Prescott-Russell.