Durant la création du projet mis sur pied en 2017, les artistes et les agriculteurs ont pu en apprendre davantage sur leurs différentes réalités.

Le circuit Popsilos: jumeler l’art urbain et l’agriculture

L'ÉTÉ EST ONTARIEN / La région de Prescott-Russell regorge d’activités récréotouristiques intéressantes et d’histoires palpitantes qui n’attendent qu’à être racontées. Le Droit vous a préparé une sélection de cinq endroits de la région qui sont quelque peu méconnus et qui méritent davantage d’attention. À visiter en famille ou entre amis. Aujourd'hui, le circuit Popsilos.

Vous vous cherchez une idée de road-trip agrotouristique qui vous permettra de lier l’art et le plaisir ? C’est à Prescott-Russell que ça se passe, avec le circuit Popsilos.

Qu’ont en commun artistes urbains et producteurs agricoles ? Dans la région champêtre de l’Est ontarien, le projet du circuit Popsilos a permis de le découvrir.

Icône du paysage agricole, le silo est un grand cylindre vertical que les fermiers utilisent habituellement pour y stocker des produits agricoles tels que le grain.

Les silos de cinq agriculteurs d’Embrun, de Vankleek Hill, de St-Albert et de Casselman ont été transformés en œuvres d’art, à l’été 2017. Depuis, des milliers de visiteurs viennent admirer ces grandes murales colorées et, par le fait même, profiter d’un réseau d’entreprises où ils peuvent manger, boire et visiter.

Durant la création du projet, qui a été mis sur pied en juin 2017, les artistes et les agriculteurs ont pu en apprendre davantage sur leurs différentes réalités. Finalement, certains d’entre eux ont réalisé que leurs défis et leur quotidien n’étaient pas autant aux antipodes qu’ils ne le croyaient.

Chargée de projet pour Popsilos, Jennifer Larocque affirme que pendant le mois où ils ont travaillé ensemble pour faire de ce projet une réalité, les agriculteurs et les artistes ont pu comprendre que leurs métiers comportaient bien des parallèles. « L’agriculture est importante pour tout le pays, mais aujourd’hui, on ne connaît pas beaucoup ça. (...) Artistiquement, l’art urbain, ça peut parfois être un peu marginalisé, c’est un art qui n’est pas toujours dans les grands musées. Donc ça a permis des échanges très intéressants. »


« C’est une toile pour le consommateur, une liberté totale, où l’on peut ressentir les joies de l’air frais, de la chaleur, de tous les éléments naturels, devant ces énormes œuvres d’art. »
Jennifer Larocque, chargée de projet pour Popsilos

C’est bien connu, l’Est ontarien est une zone importante entre Ottawa et Montréal. Si les gens souhaitent s’arrêter rapidement durant un déplacement, ils peuvent le faire facilement. Mais s’ils souhaitent emprunter la « route champêtre », c’est possible aussi.

« Ce n’est pas un circuit poli, dans le sens où le visiteur est invité à enfiler ses espadrilles et à venir vivre la vraie vie de l’espace rural. (...) C’est une toile pour le consommateur, une liberté totale, où l’on peut ressentir les joies de l’air frais, de la chaleur, de tous les éléments naturels, devant ces énormes œuvres d’art. »

Durant la création du projet mis sur pied en 2017, les artistes et les agriculteurs ont pu en apprendre davantage sur leurs différentes réalités.

Clin d’œil au patrimoine agricole de l’Est ontarien

Popsilos représente également un moyen de faire découvrir l’histoire du patrimoine agricole de la région.

Lors de la création du projet, le directeur de la Fromagerie coopérative St-Albert Éric Lafontaine, l’un des producteurs qui font partie de Popsilos, avait affirmé au Droit que « les Comtés unis de Prescott et Russell sont l’un des plus beaux fleurons de l’agriculture ontarienne ».

Fait intéressant : Prescott et Russell est la plus vieille région agricole du Canada. 13 % des affaires agricoles et agraires de l’Ontario se trouvent dans cette région.

« Cette industrie bien établie fournit une source stable de matières premières pour toutes les autres industries de la région : la fabrication, la transformation alimentaire et le tourisme », apprend-on dans les archives des Comtés unis de Prescott-Russell.

Mme Larocque a fait savoir qu’elle était en attente d’une subvention pour produire davantage de ces murales. « Le but c’est que ce soit un musée extérieur et qu’il y en ait plus que cinq. Cinq, c’est formidable, mais si on peut en avoir dix, c’est un grand défi, mais si on peut essayer, on va le faire. »