Une cinquantaine de citoyens se sont déplacés pour entendre la décision du conseil, samedi matin.

Le canton accordera 50 000 $ à Action Champlain

Le canton de Champlain accordera 50 000 $ à Action Champlain pour défendre la poursuite portée devant la Commission des Affaires municipales de l’Ontario (CAMO), concernant le projet de cimenterie de Colacem Canada. C’est ce qui a été décidé samedi matin, lors de la réunion spéciale du conseil qui a attiré une cinquantaine de personnes.

La résolution en ce sens a obtenu la faveur du maire Gary Barton et de quatre conseillers, soit Jacques Lacelle, Paul Emile Duval, Helen MacLeod, Troy Carkner, puis l’opposition de trois conseillers, soit Marc Séguin, Gérard Miner, et Pierre Perreault. En raison d’un conflit d’intérêts, le conseiller Normand Riopel a été exclu du vote. 

Cette somme représente le quart du montant demandé par le mouvement Action Champlain. 

«Nous devrions fournir les 200 000 $, mais je sais que le conseil n’ira jamais de l’avant. C’est pourquoi je suggère un montant de 50 000 $. Il faut appuyer Action Champlain, qui est prêt à défendre notre position», a souligné la conseillère MacLeod. 

Le maire Barton a rappelé que la municipalité a déjà dépensé environ 7000 $ pour la cause, après avoir refusé la demande de changement de zonage, en janvier 2017. À cela s’ajoute un montant de 15 000 $ prévu au budget cette année, ce qui ne sera pas suffisant selon le maire. Le montant demandé par Action Champlain semblait toutefois élevé, selon M. Barton. 

«Les membres du conseil sont confrontés à une décision difficile ce matin. Mais la demande, si elle est accordée, représente une augmentation des taxes de 4 %. Ce montant n’a pas été inclus au budget de 2018», a souligné M. Barton, évoquant du même coup les nombreux projets et achats à venir pour la municipalité. Il a également rappelé que les infrastructures municipales accusaient un retard de 10 millions $. 

Pour sa part, le conseiller Gérard Miner est d’avis que l’argent ne fera pas la différence dans le dossier.

«Ce n’est pas un panel d’avocats qui va convaincre le juge, il va en entendre de tous les côtés. J’ai aussi un peu de difficulté à comprendre le budget qui nous a été présenté», a affirmé M. Miner.

À la communauté de décider

Pour Action Champlain, la décision devra venir de la communauté. 

«La décision ne revient pas à Action Champlain, a précisé André Chabot, membre du mouvement. Ce n’est pas notre bataille, c’est la bataille de toute la municipalité. Action Champlain est un groupe prêt à se battre au nom des citoyens de Champlain. On a besoin de nos élus derrière nous. Si nos élus ne nous avancent que 50 000 $, on ne pourra peut-être pas se battre. C’est la population qui devra décider si on continue de se battre. Si on accepte le 50 000 $ ou si on ne l’accepte pas».

D’ailleurs, M. Chabot en a profité pour inviter la population à une assemblée publique sur le sujet, le 14 avril, au gymnase de l’école Saint-Jean-Baptiste de L’Orignal.