Le Réseau de transport intermunicipal PR Transpo a été mis sur la glace le 14 mars dernier à cause de la COVID-19.
Le Réseau de transport intermunicipal PR Transpo a été mis sur la glace le 14 mars dernier à cause de la COVID-19.

L’avenir est incertain pour PR Transpo

Certains maires des Comtés unis de Prescott et Russell doutent de la viabilité à long terme du Réseau de transport intermunicipal PR Transpo. Ce dernier a été mis sur la glace le 14 mars dernier en raison de la pandémie de la COVID-19. 

Le service, inauguré en octobre 2019, est le fruit d’un investissement de 2 millions de dollars du gouvernement libéral provincial via le programme de subventions pour les transports communautaires. Un montant de 1,5 million de dollars devait être utilisé  pour développer un service de transport intermunicipal et un montant de 500 000 $ devaient servir à l’achat d’une mini fourgonnette adaptée et assurer les services d’un chauffeur. 

Dans la foulée de la pandémie de la COVID-19 en mars, les CUPR ont dû rapidement mettre les freins. «Presque tous nos arrêts sont dans des résidences de personnes âgées. Il y avait un danger qu’ils prennent l’autobus et qu’ils risquent de contracter la COVID», indique Carole Lavigne, directrice du Développement économique et touristique des CUPR. 

Ce qui fait cependant sourciller quelques maires, c’est plutôt le faible taux d’achalandage du service, même bien avant la pandémie de COVID-19. «Je comprends qu’on a de l’argent de la province, mais je suis un fervent défenseur du fait que ce n’est pas parce qu’on a de l’argent qu’on doit la gaspiller», croit Pierre Leroux, maire du canton de Russell. 


« Ça ne faisait que commencer à bouger et là c’est tombé à l’eau pour une raison hors de notre contrôle [la COVID-19]. »
Stéphane Sarrazin, maire d'Alfred et Plantagenet

Le service PR Transpo disposait de trois ans pour faire ses preuves auprès du gouvernement provincial et démontrer la viabilité à long terme d’un service de transport semblable en milieu rural. «Je pense que ça aurait été le fun de voir [le service être testé sur] une année complète. Il y aurait peut-être même des jeunes, pendant la période estivale, qui s’en servirait pour le tourisme, comme Calypso», indique le maire d’Alfred et Plantagenet, Stéphane Sarrazin. «C’est dommage qu’à cause de la situation de la COVID, on n’ait pas eu 12 mois consécutifs, parce qu’à mon avis les gens commençaient à en parler. Ça ne faisait que commencer à bouger et là c’est tombé à l’eau pour une raison hors de notre contrôle.»

Pour le maire de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, le montant subventionné par la province pourrait être réinvesti ailleurs. «Je le vois souvent [l’autobus] à Rockland. Il est stationné devant l’Hôtel de Ville, il est vide. C’est peut-être le temps de se dire qu’il n’y a pas assez de participation et c’est le temps de le fermer». 

À cet effet, Carole Lavigne affirme qu’elle entreprendra des démarches avec le ministère afin de voir si ce dernier serait ouvert à l’investissement du montant vers un autre secteur d’activité. «Il faudrait voir si le nouveau projet doit toucher le transport ou si on peut le modifier à cause de la COVID». Les résultats de ces discussions entre le gouvernement et les CUPR devraient être connus lors de la prochaine réunion du Comité de développement économique.