Le Collège d'Alfred, dans l'Est ontarien

L'avenir du collège d'Alfred incertain

D'inquiétantes rumeurs planent quant à l'avenir du collège d'Alfred, dans l'Est ontarien.
L'Université de Guelph devrait faire aujourd'hui une annonce importante au sujet de la seule institution francophone d'enseignement des technologies agricoles en Ontario.
L'université du sud-ouest de la province, qui tente de redresser sa situation financière, annoncerait du même coup des mesures similaires pour son campus de Kemptville, pendant anglophone du collège d'Alfred.
Selon une source proche du gouvernement, le terme « fermeture » n'est pas approprié pour qualifier les mesures qui seront annoncées aujourd'hui, ce qui laisse supposer d'importantes refontes.
Selon ce qu'a appris LeDroit, l'Université de Guelph voudrait se départir de son établissement satellite francophone basé à Alfred, ce qui n'annoncerait pas nécessairement la mort du collège d'Alfred. L'établissement de l'Est ontarien aurait toujours la possibilité de conclure des ententes de partenariat avec d'autres institutions d'éducation.
Rumeurs de fermeture
La machine à rumeurs s'est emballée sur les réseaux sociaux, hier matin, lorsque le député progressiste-conservateur de Leeds-Grenville, Steve Clark, a évoqué la fermeture possible des deux établissements d'enseignement en agriculture.
« Je dois m'entretenir avec le président de l'Université de Guelph demain concernant les rumeurs qui entourent les campus de Kemptville et d'Alfred. Je suis préoccupé. J'espère qu'en tant que ministre de l'Agriculture, Kathleen Wynne apportera son support aux deux campus », a écrit le député sur son compte Twitter.
Le député Clark a confié au Droit avoir reçu de nombreux appels de « sources fiables » durant le week-end concernant la fermeture imminente des deux établissements.
La direction du campus d'Alfred de l'Université de Guelph n'a pas confirmé ni infirmé les allégations de fermeture. Elle a plutôt préféré ne pas commenter.
Du côté de l'Université de Guelph, ce fut le silence radio pendant toute la journée d'hier, le département des communications ne retournant pas les nombreux appels du Droit.
Le collège d'Alfred et le campus de Kemptville sont les deux seules institutions d'enseignement postsecondaires spécialisés en agriculture de l'Est ontarien.
La députée progressiste-conservatrice de Nepean-Carleton, Lisa MacLeod, a rapidement réagi aux rumeurs, qualifiant ces deux institutions d'enseignement d'« essentielles » pour la région. « Si on ferme les deux seules institutions d'enseignement en agriculture de l'Est de l'Ontario, dont la seule francophone de la province, ça représente des jours bien tristes. »
Cette dernière doit s'entretenir avec le président de l'Université de Guelph tard ce matin.
Wynne reste silencieuse
Le bureau de la première ministre n'a pas voulu émettre de commentaire, hier, nous dirigeant vers l'Université de Guelph, qui est restée muette.
Rappelons que la première ministre est également responsable du ministère ontarien de l'Agriculture.
Cette nouvelle tombe au lendemain du passage de la première ministre Kathleen Wynne dans l'Est ontarien pour l'annonce d'une aide d'un million de dollars à la fromagerie St-Albert. « Est-ce que la première ministre Kathleen Wynne a annoncé cette subvention pour la fromagerie pour ensuite s'empresser de quitter la ville avant que l'Université de Guelph annonce la fermeture de ses campus ? » se demande la députée MacLeod.
En 2011, le campus d'Alfred de l'Université Guelph soufflait ses 30 bougies. Il s'agit du premier collège francophone à ouvrir ses portes en Ontario.
Le campus d'Alfred a récemment entamé des démarches pour être désigné en vertu de la Loi sur les services en français de l'Ontario.