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Selon les conclusions du d’une vingtaine de pages, Paula Assaly s’est ingérée dans les rôles et responsabilités exclusifs de l’administration et a souvent manqué d’impartialité dans certains de ses gestes.
Selon les conclusions du d’une vingtaine de pages, Paula Assaly s’est ingérée dans les rôles et responsabilités exclusifs de l’administration et a souvent manqué d’impartialité dans certains de ses gestes.

La mairesse de Hawkesbury a manqué à ses devoirs déontologiques

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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La mairesse de Hawkesbury, Paula Assaly, a manqué à ses devoirs déontologiques à maintes reprises et auprès de plusieurs personnes, selon un rapport de l’ancien commissaire à l’intégrité de la municipalité rendu public plus tôt cette semaine.

Selon les conclusions du rapport d’une vingtaine de pages, Mme Assaly s’est ingérée dans les rôles et responsabilités exclusifs de l’administration et a souvent manqué d’impartialité dans certains de ses gestes. La mairesse aurait aussi émis des commentaires et gestes vexatoires répétés envers divers membres du personnel ce qui, selon la définition législative, se catégorise comme du harcèlement. «Ce n’est pas l’intention qui compte. C’est est-ce que quelqu’un aurait pu trouver que c’est vexatoire», a expliqué l’ancien commissaire chargé du rapport, John Saywell, lors du conseil ordinaire lundi soir. 

M. Saywell a écrit dans son document que ces manquements «ont causé des torts majeurs à l’intégrité et à la stabilité dans le régime de gouvernance de la municipalité, notamment avec des départs massifs de personnel, dans la démotivation, et dans les communications dysfonctionnelles.» 

L’enquête menée par l’ancien commissaire a permis d’interroger une dizaine de témoins allégués et de prendre connaissance d’une dizaine de documents. Lors de la rédaction du rapport, à l’approche des vacances de Noël, Mme Assaly n’était pas disponible pour s’entretenir avec le commissaire, indique le document. 

Un climat difficile depuis longtemps 

Initialement, l’enquête fait suite aux événements qui se sont déroulés le 16 juin dernier, lors d’un comité plénier. Mme Assaly avait initié à huis clos l’adoption d’une proposition de congédier trois employés du service des loisirs «et ce sans invoquer de motif pertinent et sans en avoir prévenu l’administration.» Une portion de réunion diffusée publiquement avait d’ailleurs exposé un échange à ce sujet entre Mme Assaly et l’ancien directeur général, Daniel Gatien, qui s’opposait vivement à la façon de faire de la mairesse. À la suite de ces événements, la greffière de Hawkesbury a remis sa démission le 17 juin, évoquant la façon dont le conseil a passé outre les responsabilités de l’administration. Au moins quatre autres cadres ont suivi pour principalement les mêmes raisons. «Pour moi, ça démontre l’ampleur de la situation», a ajouté M. Saywell. 

À l’époque, Le Droit s’était d’ailleurs entretenu avec une proche de l’un des employés congédiés dans cette histoire, qui avait qualifié l’ambiance au sein de la ville de «pourrie». 

Ce n’est en effet pas la première fois que le climat de travail est dysfonctionnel à la municipalité, ajoute John Saywell, alors que d’autres rapports ont déjà mis en lumière cette situation dans le passé. «On n’est pas à la recherche de sorcière, on n’est pas là pour punir des gens. Ce climat de travail a déjà été souligné par des consultants auparavant. Ce n’est pas uniquement [Mme Assaly], ça a tendance à être le cas à Hawkesbury.»

La mairesse en désaccord 

Invitée à commenter, la mairesse Assaly a indiqué au Droit par courriel qu’elle n’accepte pas les conclusions du rapport du Commissaire. Elle avance que ce dernier ne l’a pas questionné, puisque les tentatives de rencontre se sont avérées infructueuses, mais qu’il n’a pas non plus questionné ni son adjointe administrative, ni ses témoins avant d’émettre son rapport. «S’il y a une personne qui est déçue, c’est moi. Je voulais vraiment avoir la chance de m’asseoir avec vous et de revoir la plainte pour que vous et moi nous ayons un exercice d’apprentissage», avait-elle d’ailleurs lancé lors de la réunion du conseil. 

Elle a également énuméré plusieurs exemples d’événements problématiques cités dans le rapport du commissaire qu’elle juge complètement erronés. «C’est pourquoi j’ai déposé un avis de requête en révision judiciaire à la cour divisionnaire», a-t-elle ajouté par écrit. «J’attends une date pour être entendue.» 

Lundi, le conseil municipal a tout de même voté à quatre contre un pour l’adoption des recommandations sur sanction citées dans le rapport de M. Saywell. Le document précise néanmoins que «les infractions ne dénotent pas une volonté malveillante, ni la poursuite du gain personnel» et qu’«il serait à notre avis inapproprié d’imposer une sanction dans un but punitif.»

Les recommandations exigent que Mme Assaly formule des excuses publiques auprès de l’ancienne directrice des loisirs, de l’ancien directeur général et de l’actuelle directrice générale par intérim et qu’elle bénéficie d’une assistance professionnelle aux frais de la municipalité pour développer son leadership. Finalement, la troisième recommandation stipule qu’elle sera retirée du Comité plénier du conseil jusqu’à ce qu’un nouveau directeur général entre en poste et jusqu’à ce qu’elle ait complété le programme de coaching.