Les élus municipaux de Cornwall ont voté à huit voix contre trois pour éliminer les feux en plein air.

Interdiction de feux en plein air à Cornwall: des citoyens en colère

À Cornwall, pas une, mais bien deux pétitions signées par plus de 1600 personnes ont été mises en ligne au cours des derniers jours. En début de semaine, les élus municipaux ont voté à huit voix contre trois pour éliminer les feux en plein air après que le chef du Service d’incendies Pierre Voisine ait demandé au conseil d’interdire cette pratique.

Pierre Voisine a précisé qu’il n’a pas proposé cette interdiction en raison de la sécurité publique ou pour une augmentation des incendies, mais bien à cause du nombre élevé des plaintes envoyées par les voisins. 

En 2018, son département a reçu 62 plaintes durant les six mois où il est permis de faire des feux dans sa cour. Depuis avril, ce sont près de 80 plaintes qui ont été enregistrées, dont la plupart proviennent de résidents qui n’apprécient pas la fumée générée par les feux de leurs voisins, ou de résidents dont les voisins n’ont pas de permis. 

Le Code de prévention des incendies de l’Ontario interdit le brûlage à l’air libre dans la province, à moins qu’un règlement municipal le permette. M. Voisine considère que la grande densité de population de la Ville de Cornwall et son aspect plus urbain que rural réduisent à 0,5% la proportion de gens éligibles à une telle permission. La plupart des propriétés situées en milieu rural sont considérées comme des terres agricoles et sont exemptées du Code. 

Actuellement, la Ville de Cornwall octroie 260 permis de brûlage. Chaque permis est valide pour une période de trois ans. Une clause grand-père sera mise sur pied afin de permettre aux titulaires actuels de permis de les conserver jusqu’à ce qu’ils soient expirés. 

Par ailleurs, le chef pompier propose plutôt aux résidents de passer aux appareils à base de carburant. Ces appareils ne nécessiteront pas de permis, et s’allument généralement avec du gaz naturel, du propane ou de l’éthanol. 

L’élimination du programme de permis de brûlage en plein air aura une incidence négative sur les revenus de Cornwall d’environ 8000$ par an, selon le rapport des Services d’incendie.  

«Je ne me fais pas d’amis, je comprends ça, mais je pense que ce qu’on a proposé comme alternative, c’est bon. C’est ce que j’utilise chez moi, et c’est très facile à utiliser, et ça ne fait pas de boucane.»

Une décision impulsive?

L’auteur de l’une des pétitions, Stéphane Séguin, juge que les membres du conseil municipal ont décidé de façon trop hâtive. «Les citoyens n’ont même pas eu la chance de donner leurs commentaires. Le chef pompier a parlé au conseil, et après, la décision s’est prise vite.»

Le résident de Cornwall est d’avis que les raisons énumérées par M. Voisine ne sont pas suffisantes pour empêcher cette activité. «C’est plaisant, entre amis, avec les enfants, de faire des feux de camp l’été. Ça donne quelque chose à faire en famille. Il y a beaucoup plus de gens qui le font que de gens qui ont un problème avec ça.»

M. Séguin et un regroupement de citoyens espèrent pouvoir convaincre les élus de revoir leur décision lors de la prochaine réunion du conseil municipal, le 23 septembre. 

Une rencontre intitulée «Les résidents de Cornwall contre l’interdiction de faire des feux» sera aussi organisée au Club Optimiste de Cornwall, vendredi soir. Une quarantaine de participants prévoit s’y présenter.