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Recevoir des insultes quotidiennes ou se faire souhaiter d’attraper la COVID-19, c’est ce que doivent supporter tous les jours les employés d’une clinique médicale de Casselman.
Recevoir des insultes quotidiennes ou se faire souhaiter d’attraper la COVID-19, c’est ce que doivent supporter tous les jours les employés d’une clinique médicale de Casselman.

Injures et insultes, le quotidien d’une clinique médicale de Casselman

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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Recevoir des insultes quotidiennes ou se faire souhaiter d’attraper la COVID-19, c’est ce que doivent supporter tous les jours les employés d’une clinique médicale de Casselman.

 «Nous vivons beaucoup d’abus verbal. Ça a toujours été comme ça, mais depuis la COVID, ça a augmenté considérablement», se désole la directrice du Centre médical de Casselman, Jennifer Arenas. «Une personne a entre autres souhaité que nous attrapions la COVID et nos familles aussi. [...] Au moins un employé par jour doit gérer une situation comme ça.»  

Mme Arenas se dit consciente que tout le monde est au bout du rouleau à cause de la pandémie. La frustration et l’épuisement se font sentir dans le système de santé, dans les commerces, dans la population. Mais selon elle, les gens ne peuvent se permettre de se défouler sur les employés. Elle affirme d'ailleurs avoir eu écho que d'autres cliniques de la région subissent aussi le même sort. «C’est démoralisant, vraiment. Nous avons travaillé à travers tout ça à essayer d’aider et de servir la population et de leur donner accès à des services médicaux. Tu fais du mieux que tu peux pour ensuite te faire démolir.»


« Nous avons eu un patient qui revenait des États-Unis, sans avertissement, qui ne s’était pas auto-isolé pour 14 jours et il est juste rentré dans la clinique. »
Jennifer Arenas

Mais les commentaires méprisants ne sont pas le seul problème que note Mme Arenas. Le Centre médical de Casselman a offert ses services depuis le début de la crise sanitaire, mais ne doit jongler que depuis tout récemment avec un nombre important de clients récalcitrants aux mesures sanitaires. 

«[Depuis que nos portes sont rouvertes], nous avions décidé de les garder déverrouillées parce que c’était facile de dire aux gens qui présentaient des symptômes de retourner chez eux et d’appeler», explique-t-elle, ajoutant que tout patient doit également remplir un questionnaire à l’entrée avant de mettre les pieds dans l’établissement. Mais depuis plusieurs semaines, il devient plus difficile de gérer ceux qui font la sourde oreille. 

«Nous avons eu un patient qui revenait des États-Unis, sans avertissement, qui ne s’était pas auto-isolé pour 14 jours et il est juste rentré dans la clinique.» Le Centre n’a désormais d’autre choix que de conserver sa porte verrouillée en permanence pour la sécurité des membres du personnel. «C’est très frustrant. Les gens ne respectent pas les règles et nous mettent à risque», ajoute la directrice.    

Heureusement, tout n’est pas sombre. La clinique a dû publier sur sa page Facebook mardi un bref message annonçant les nouvelles procédures de portes verrouillées à sa clientèle, en expliquant brièvement les raisons derrière cette décision. Une fois la publication faite sur le réseau social, Mme Arenas affirme avoir reçu une vague de commentaires encourageants pour tous les travailleurs de la clinique. «On a reçu des appels aussi de gens qui n’en reviennent pas qu’on doive passer à travers ça», souligne-t-elle, affirmant qu’elle et ses employés tentent de mettre l’accent sur les bons commentaires plutôt que sur la négativité.