Seulement 3 % de la population que dessert le CSEPR est issue de l’immigration francophone.

Hawkesbury: le recrutement international à la rescousse

Il faut pouvoir attirer les immigrants francophones dans les régions éloignées avant même leur arrivée au pays, croit la directrice générale du Centre de services à l’emploi de Prescott-Russell (CSEPR), Caroline Arcand.

Ils étaient une centaine d’employeurs rassemblés à Hawkesbury, mardi, afin d’assister à une session d’information sur le recrutement international.

Seulement 3 % de la population que dessert le CSEPR est issue de l’immigration francophone. Un pourcentage qui doit être accru, souligne Mme Arcand. « L’origine du problème, c’est que les gens n’arrivent pas dans Prescott-Russell en premier. Ils arrivent dans les centres urbains, et un coup arrivés dans ces centres, ils ne les quittent plus. Il faut les prendre en vol, pour qu’au moment où ils arrivent, ils savent qu’ils s’en viennent s’installer chez nous. »

À l’aéroport Pearson de Toronto, par exemple, où 2100 immigrants francophones passent chaque année, il existe un centre de services pour les immigrants. « Ils arrivent et sont tout de suite accueillis, pour ne pas dire déjà jumelés à des employeurs de Toronto. Nous, on a donc tout à faire au niveau de l’immigration francophone dans la région. »

Des ressources pour les employeurs

C’est pourquoi le CSEPR et le réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO) ont invité les employeurs de la région pour les renseigner au sujet des différents programmes fédéraux et provinciaux.

La majorité des immigrants qui débarquent à Ottawa et à Montréal y restent après leur arrivée et l’idée de travailler en région leur traverse rarement à l’esprit.

Cette session d’information avait comme objectif de pallier à ce problème qui empêche les employeurs de Prescott-Russell de recruter suffisamment de main-d’œuvre issue de l’immigration.

« Le but, c’est d’aider les employeurs à pourvoir leurs postes vacants par le recrutement international, parce que localement, on n’en vient pas à bout. On voit vraiment qu’il y a un intérêt, même une urgence de pourvoir des postes. »

Le Conseil économique et social d’Ottawa-Carleton administre le RSIFEO. Son directeur général, Saint-Phard Désir, rappelle l’importance de ce type d’aide apportée aux employeurs.

« Le gouvernement a créé les réseaux de soutien à l’immigration francophone dans le but d’aider les communautés francophones en situation minoritaire à garder leur vitalité. Dans beaucoup de nos communautés, il y a le phénomène de vieillissement, et le phénomène de l’exode. (...) Nous, ce qu’on fait, c’est d’amener de nouvelles personnes, de nouvelles familles dans nos communautés qui vont rester, et avec des enfants qui vont aller à l’école pour pouvoir continuer à maintenir cette vitalité. »

Ophélie Gainville, originaire de la France, a souhaité partager son expérience avec les employeurs présents. Cette dernière œuvre au sein d’une entreprise de la région depuis six ans, et cet été, son conjoint et elle entameront les procédures pour obtenir leur citoyenneté canadienne.

Mme Gainville a tenu à souligner l’importance de l’ouverture des employeurs face à l’immigration pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. « Sans les employeurs, honnêtement, ce n’est pas possible. Leur soutien est vraiment nécessaire. »

Le couple a également fondé une famille qui compte maintenant « deux enfants qui vont grandir dans Prescott-Russell ».